Le 7 novembre à 16h34 en 2016, le 6 novembre à 15h35 en 2018, le 4 novembre à 16h16 en 2020… Cette année, c’est à partir de 9h22 ce mercredi 3 novembre, que les femmes françaises commencent à travailler gratuitement

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Le constat de l’année 2021 est sans appel : 16,5 % d’écart salarial (selon Eurostat, l’organisme de statistiques de l’Union Européenne) au détriment des femmes, c’est 1 point de plus qu’en 2020.

Un pourcentage « en hausse constante depuis 2018 », précise même l’économiste Rebecca Amsellem qui a réalisé, pour la première fois en 2016, ce calcul annuel datant le moment précis où les femmes travaillent bénévolement jusqu’à la fin de l’année. Une date chargée de rappeler que le principe « à travail égal, salaire égal », inscrit dans la loi depuis presque 50 ans, n’est toujours pas respecté.

“L’inégalité salariale se creuse” en France, déplore dans un communiqué l’économiste Rebecca Amsellem, fondatrice du collectif Les glorieuses.

“des mesures concrètes doivent être mises en place dès aujourd’hui afin d’éviter d’attendre 2234 pour voir naître l’égalité salariale”. Dans une série de propositions, soumises aux candidats à l’élection présidentielle de 2022, Les glorieuses demandent que l’accès des entreprises aux subventions et marchés publics soit conditionné à des progrès en la matière.

Il importe également de “revaloriser les salaires des emplois où les femmes sont les plus nombreuses”, par exemple les infirmières et les sages-femmes, insistent Les glorieuses, qui plaident par ailleurs pour que le congé paternité dure aussi longtemps que le congé maternité. “Oui, l’égalité coûte de l’argent”, a observé Rebecca Amsellem, mais “il en va de même pour sauver l’industrie aéronautique. Et c’est un choix que le gouvernement est en mesure de faire pour ses citoyens et citoyennes”.

Mi-septembre, une étude de l’Apec révélait que la crise sanitaire a “accentué les inégalités salariales” entre les femmes et les hommes.

L’écart de rémunération au détriment des femmes s’est creusé jusqu’à 15% l’an dernier, après 13% en 2019. Les femmes cadres ont gagné 46.000 euros en 2020 (comme en 2019), quand leurs collègues masculins récoltaient 53.000 euros (davantage que leurs 52.200 euros de 2019).

En outre, “à profil et poste équivalents”, les hommes cadres ont perçu “8% de plus” que les femmes cadres en 2020, détaille l’Apec.