L’ancien président Algérien Abdelaziz Bouteflika, chassé du pouvoir en 2019 après des manifestations massives contre sa volonté de briguer un nouveau mandat, est décédé vendredi à l’âge de 84 ans, a annoncé la télévision publique. « Décès de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika », a indiqué un bandeau déroulant à la télévision nationale, qui cite un communiqué de la présidence de la République.

Algérie : L’ex-président Bouteflika est mort à l’âge de 84 ans

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 15 juin 2015 à Alger. AFP PHOTO / POOL / ALAIN JOCARD

Il avait dirigé le pays pendant 20 ans, entre 1999 et 2019.

Il est décédé à “22 heures (23 heures en France) à son lieu de résidence”, selon la chaîne privée El Hayet TV.

Plus de 35 ans après son premier poste ministériel, Bouteflika avait accédé à la tête de l’Algérie en 1999, auréolé d’une image de sauveur dans un pays déchiré par une guerre civile. Vingt ans après, il en avait été chassé sans égards par l’armée, pilier du régime, sous la pression d’un mouvement de contestation inédit. Sa chute était devenue inéluctable après des semaines de manifestations massives contre sa volonté de briguer un cinquième quinquennat. Lors de sa démission, il était apparu une dernière fois à la télévision pour annoncer qu’il jettait l’éponge.

Il avait fait officiellement parler de lui pour la dernière fois lorsque son frère Nacer avait voté par procuration en son nom pour la présidentielle du 12 décembre 2019, qui avait permis l’élection de son successeur, le président Abdelamadjid Tebboune. Abdelaziz Bouteflika était retranché dans la solitude dans sa résidence médicalisée de Zeralda, à l’ouest d’Alger. Il n’avait plus donné signe de vie.

Omniprésent dans la vie politique algérienne durant des décennies, mais devenu quasi-invisible depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, Abdelaziz Bouteflika n’avait donné aucun signe de vie depuis que le mouvement de contestation populaire du « Hirak » et l’armée l’ont contraint à la démission.