Il a été retiré « conformément au timing prévu », a assuré l’Élysée ce dimanche pendant que l’extrême droite revendique une « victoire patriotique ».

CREDIT : Pixabay

Pour marquer le début de la présidence française du conseil de l’Union européenne, le drapeau français a été remplacé par celui de l’Europe sous l’Arc de Triomphe. Une « initiative symbolique et temporaire », selon le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune.

Marine Le Pen, a dénoncé une « provocation » et un « véritable attentat à l’identité de notre Patrie » quand Eric Zemmour n’hésite pas à parler d’un « outrage ». « Présider l’Europe oui, effacer l’identité française non ! », a lancé pour sa part la candidate des Républicains, Valérie Pécresse.

La candidate du Rassemblement national a annoncé samedi, dans un communiqué, qu’elle allait déposer « dans les prochains jours » un recours devant le Conseil d’État pour contester la décision de faire flotter le drapeau de l’Europe sous l’Arc de Triomphe, accompagné d’une demande « de suspension, en référé » de cette décision. « Cette décision présidentielle (…) méconnaît manifestement l’article 2 de la Constitution (en vertu duquel l’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge) ; son article 3, relatif à la souveraineté nationale (les électeurs français ayant rejeté en 2005 le projet de Constitution européenne reconnaissant le drapeau de l’Union européenne) ; et le principe fondamental reconnu par les lois de la République, en vertu duquel l’emblème national doit toujours flotter sur les bâtiments publics », soutient Marine Le Pen. « Un recours sera donc déposé dans les prochains jours. Il sera accompagné d’une demande de suspension, en référé, de la décision », ajoute-t-elle, en qualifiant ce pavoisement de « véritable attentat à l’identité de notre Patrie ».

Pour l’historien Éric Anceau : « Il est possible de pavoiser les édifices publics aux couleurs de l’Europe, mais uniquement en association avec les couleurs françaises. Tout autre pavoisement n’est pas républicain. »

Éric Ciotti, le candidat malheureux à la primaire LR avait quant à lui qualifié Emmanuel Macron de « président déraciné » qui « n’aime pas la France ». « Ne mettre que le drapeau européen sur la tombe du soldat inconnu » était « une faute », avait-il insisté sur RTL/LCI/Le Figaro.

De son côté, la candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse a accusé Emmanuel Macron d’avoir « un problème avec l’histoire de France ». « Il est allé dire en Algérie que nous avions commis des crimes contre l’humanité, il est allé dans un média anglo-saxon dire qu’il voulait déconstruire l’histoire de France et aujourd’hui cette histoire de drapeau », a-t-elle lancé sur RTL avant de se justifier. « En Algérie, il y a eu effectivement des exactions, il y a eu des pages sombres de l’histoire de France qui ont été écrites mais crimes contre l’humanité, c’est ce qu’on reproche aux nazis et à Hitler, et je ne pense pas qu’on puisse parler de crimes contre l’humanité. » Pour Valérie Pécresse, « il y a trois positions : il y a ceux qui ne mettent que le drapeau européen ; il y a ceux qui ne veulent que le drapeau français ; moi ce que j’aurais aimé, c’est qu’on affiche à côté du drapeau européen le drapeau français, parce que je suis patriote et européenne. »

Le candidat insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a brocardé sur France Inter le « caprice communicatoire » d’Emmanuel Macron qu’a été selon lui l’installation du drapeau. Le candidat LFI a cité le « protocole » proposé par Nicolas Sarkozy pour faire adopter en 2007 le traité de Lisbonne par le parlement, stipulant que « ni l’hymne ni le drapeau (européens) ne seraient reconnus comme tels par la France ». « Le président Macron a décidé tout seul et sans demander rien à personne », a critiqué Jean-Luc Mélenchon en ajoutant : « Il y a quand même un décret qui interdit de pavoiser sans les couleurs nationales. »

Dans un entretien accordé à nos confrères du Parisien, Emmanuel Macron est revenu sur la polémique du drapeau européen installé sous l’Arc de Triomphe les 31 décembre et 1er janvier. Une initiative critiquée par plusieurs candidats à la présidentielle qui ont accusé l’exécutif d’avoir volontairement retirer le drapeau français du monument. « Cette réaction était disproportionnée et malvenue » a estimé le chef de l’Etat. « Si nous avions retiré le drapeau français, j’aurais pu comprendre », a-t-il concédé, « or le drapeau français est présent lors des cérémonies patriotiques, comme le 8 Mai, le 11 Novembre, le 14 Juillet. Mais si vous passez un jour comme aujourd’hui sous l’Arc de Triomphe, il n’y a pas de drapeau. »