C’était son dernier combat. Il a rendu les armes. Bernard Tapie est mort ce dimanche matin, vaincu par le cancer contre lequel il luttait depuis des années. « Il est parti paisiblement, entouré de sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et son frère, présents à son chevet, indique sa famille dans un communiqué adressé à nos confrère de La Provence.

Bernard Tapie est mort à l’âge de 78 ans ce dimanche 3 octobre

Bernard Tapie / AFP

Dominique Tapie et ses enfants ont l’infinie douleur de faire part du décès de son mari et de leur père, Bernard Tapie, ce dimanche 3 octobre à 8 h 40, des suites d’un cancer. Il est parti paisiblement, entouré de sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et son frère, présents à son chevet. Il a fait part de son souhait d’être inhumé à Marseille, sa ville de cœur.

Personnage controversé, son décès coupe la France en deux. D’un côté, les admirateurs de Nanard étaient prêts à tout pardonner à l’escroc sympathique et gouailleur de sa marionnette des « Guignols de l’info ». De l’autre, ceux, à gauche comme à droite, qui détestaient ce Berlusconi à la française, mélange d’affairisme et de politique.

Chanteur, businessman, patron d’Adidas et de l’OM, ministre, taulard, comédien… L’homme aux mille vies est décédé ce dimanche à l’âge de 78 ans. Adulé ou détesté, le symbole des années fric aura aussi été un infatigable adversaire de l’extrême droite.

Omniprésent dans les médias, dont il était un « bon client », toujours capable d’affoler l’Audimat, l’homme restera au fond un mystère. Pourquoi le gamin du Bourget (Seine-Saint-Denis), fils d’un prolo sympathisant communiste, est-il devenu ce milliardaire bling-bling, amateur de belles villas, de yachts et de voitures de luxe ?

Les affaires puis le sport lui ont apporté la gloire. Mais, au milieu des années 1990, la roue tourne pour le Rastignac des années fric. Le trucage du match OM-Valenciennes l’envoie derrière les barreaux.

Et, malgré l’intervention de Nicolas Sarkozy en faveur d’un arbitrage qui lui sera profitable, l’affaire Adidas-Crédit lyonnais le met au final sur la paille. L’arbitrage devient une nouvelle affaire et il est jugé en mars 2019 pour escroquerie et détournement de fonds publics. Relaxé le 9 juillet, le parquet fait appel. Le second procès s’achève le 9 juin 2021 sans l’homme d’affaires, dont l’état de santé s’est à nouveau dégradé. La décision sera rendue le 6 octobre prochain.

Victorieux en première instance, Bernard Tapie n’en reste pas moins ruiné. Il était Julien Sorel, le voilà Edmond Dantès. Il s’invente une vie d’artiste, monte sur les planches, tourne pour Lelouch et laisse planer l’idée d’un retour en politique. Le phénix avait fini par nous faire croire qu’il renaîtrait toujours de ses cendres. Le rideau est tombé sur cette vie de roman.