En cinq ans, la Chine a enterré sa politique de l’enfant unique, avant d’autoriser les familles à avoir deux, puis finalement trois enfants.

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Le 11 mai 2021, Pékin a indiqué que les Chinois ne sont «que» 1.411.778.724. Certes, cela représente 18,7% des 7,7 milliards d’habitants de la planète. Mais le recensement réalisé tout au long de 2020 par le Bureau national de la statistique indique que la population chinoise n’a augmenté que de 0,53% par an depuis 2010. Alors qu’entre 2000 et 2010, cette croissance avait été de 0,57%. La chine a donc annoncé  supprimer la limite de deux enfants par couple et autoriser les familles à en avoir jusqu’à trois.

La politique de l’enfant unique a une autre conséquence aujourd’hui: le vieillissement des Chinois nés avant ces vingt-cinq ans de stricte limitation des naissances. Un vaste régime de retraites est en train d’être élaboré. En même temps, les générations d’enfants uniques sont par définition moins nombreuses que celles qui les ont précédées. D’où une main-d’œuvre chinoise qui sera moins importante dans les décennies à venir. Depuis 2005, de nombreux démographes chinois expliquent que la Chine se dirige vers une situation où il y aura plus de retraités que d’actifs. Ce point de vue a tardé à être entendu. Remettre en cause une politique fermement en place demande un consensus au sommet du parti communiste. De plus, les contrôleurs, qui craignent pour leur fonction, ont fait pression pour que les contrôles soient maintenus.

Malgré le risque de vieillissement de la population, le régime communiste hésite à libéraliser sa politique, de peur d’une explosion démographique. Finalement, en 2013, il autorise les couples dont chacun des deux parents est enfant unique à avoir deux enfants.

Mais deux ans après, seuls 1,45 million de couples avaient déposé une demande de deuxième enfant, soit 15 % à peine de la population concernée. Le 31 mai 2021, le Parti communiste annonce que les familles pourront désormais avoir trois enfants, trois semaines après la publication du recensement décennal (2020) qui a mis en évidence un vieillissement rapide de la population. La Chine comptait ainsi l’an dernier plus de 264 millions de personnes âgées de 60 ans et plus, soit quatre fois la population totale de la France.

Le gouvernement municipal de Pékin a annoncé vendredi que les femmes pourront désormais prendre 158 jours de congé maternité — soit 30 de plus qu’auparavant.

Les autorités de Shanghai, ville la plus peuplée du pays (25 millions d’habitants), ont annoncé des mesures similaires.

Dans la province côtière du Zhejiang (Est), les mères d’un second ou d’un troisième enfant bénéficieront d’un congé maternité de 188 jours, soit plus de 26 semaines, a indiqué l’agence de presse officielle Chine nouvelle.

La législation nationale accorde un congé maternité minimum de 98 jours.

Mais les incitations des autorités semblent avoir peu d’effet sur les ménages, confrontés à la hausse du coût de la vie, de l’éducation et du logement. Avec 8,52 naissances pour 1.000 personnes en 2020, la Chine voit son taux de natalité chuter au niveau le plus bas jamais enregistré depuis 1978.

A noter que, le nombre de mariages s’est également effondré l’an dernier, tombant au plus bas depuis 17 ans, avec seulement 8,14 millions de couples qui se sont passé la bague au doigt.