Les deux chefs d’Etat se sont parlé pour la première fois depuis le début de la crise, déclenchée par la rupture par l’Australie d’un contrat portant sur des sous-marins.

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A sept mois de l’élection présidentielle, une partie de l’opposition a beau s’offusquer des mystères entourant la perte de ce « contrat du siècle » en y voyant le signe du déclin de la France sur la scène géopolitique mondiale, Emmanuel Macron devrait rester muet, à la manière d’un chef d’Etat « responsable » qui ne se laisserait pas guider par ses émotions. Ces derniers jours, il a laissé son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, mener la contre-offensive, notamment en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Une semaine après le début de la crise des sous-marins, Joe Biden et Emmanuel Macron ont annoncé des « engagements » pour rétablir une confiance durement éprouvée entre Paris et Washington, le président américain reconnaissant que « des consultations ouvertes entre alliés » auraient permis d’éviter ces tensions. Au cours de cet entretien téléphonique très attendu, les deux présidents ont tenté de trouver une issue à la crise diplomatique la plus grave entre les Etats-Unis et la France depuis le « non » français à la guerre d’Irak en 2003.

En premier lieu, Emmanuel Macron et Joe Biden sont convenus que « des consultations ouvertes entre alliés » auraient « permis d’éviter cette situation ». « Le président Biden a fait part de son engagement durable » pour rétablir la confiance entre la France et les Etats-Unis, ajoutent les deux chefs d’Etat dans un communiqué commun, alors que Paris l’a accusé de se comporter comme son prédécesseur Donald Trump.

« Les deux chefs d’État ont décidé de lancer un processus de consultations approfondies » pour garantir « la confiance et à proposer des mesures concrètes pour atteindre des objectifs communs », ajoute le communiqué, qui précise qu’une rencontre est prévue en Europe « à la fin du mois d’octobre ».
Dans le même communiqué, Joe Biden a jugé « nécessaire que la défense européenne soit plus forte et plus performante » pour contribuer à la sécurité transatlantique et compléter « le rôle de l’Otan ». Les Etats-Unis « réaffirment que l’engagement de la France et de l’Union européenne dans la région indopacifique revêt une importance stratégique », ajoute le document.