En 2022, les hommes homosexuels n’auront plus besoin de respecter une période d’abstinence pour donner leur sang.

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Les hommes homosexuels ne devront plus justifier d’une période d’abstinence de quatre mois pour accéder au don du sang. Le ministère de la santé a annoncé, mardi 11 janvier, la publication d’un arrêté, mercredi, établissant des critères de sélection identiques pour tous les donneurs, peu importe leur orientation sexuelle. Il prendra effet le 16 mars prochain.

Depuis juillet 2016, les hommes homosexuels peuvent théoriquement donner leur sang, geste qui leur était interdit depuis 1983 en raison des risques de transmission du sida.

Mais cette possibilité restait soumise jusqu’ici à une période d’abstinence sexuelle (d’abord fixée à un an, avant d’être ramenée en 2019 à quatre mois) qui devait être déclarée lors de l’entretien préalable.

Un appel aux dons de l’Établissement français du sang (EFS), qui fait face à une baisse importante de ses stocks de sang, liée à la crise du Covid-19. Toutefois, cet amendement a plus de répercussion sur le plan sociétal que sur le plan logistique : le don du sang des hommes homosexuels ne suffira pas à pallier la baisse, mais il envoie un message important à la communauté gay.

Un nouveau critère sera ajouté dans le questionnaire précédant le don du sang : le donneur devra déclarer s’il prend un traitement pour la prophylaxie pré ou post-exposition au VIH, auquel cas le don sera reporté quatre mois plus tard.

Un certain nombre de questions viseront aussi à détecter d’éventuels comportements individuels à risque (sexualité avec plusieurs partenaires, sous drogues…), mais l’orientation sexuelle ne sera plus mentionnée.

De nombreux pays – comme l’Espagne, l’Italie, Israël ou encore la Pologne – ont déjà fait entrer dans la loi la non-discrimination à l’éligibilité au don du sang. Sauf changement radical, la France devrait être le prochain Etat à sauter le pas.