«Vous ne devez vous interdire aucun sujet, aucun champ, aucune audace.» C’est ainsi qu’Emmanuel Macron a ouvert, ce lundi, les États généraux de la justice “irréalistes” pour les magistrats.

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Le président de la République, accompagné du garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, a prononcé, lundi, un discours et discuté avec des professionnels, des forces de l’ordre, des étudiants et des citoyens de la Vienne.

Le chef de l’Etat a énuméré les difficultés de la machine judiciaire: délais trop longs, inflation des normes, judiciarisation des relations sociales, défaut d’information des justiciables. Il a aussi souhaité une plus grande responsabilité des magistrats. Mais sans suggérer de nouveaux moyens pour la justice, ce qu’attendent beaucoup de professionnels.

Autant de pistes que devront examiner dans les quatre mois ces Etats généraux, avant de formuler d’ici février 2022 des propositions de réforme “systémique” de la justice qui ne pourraient se concrétiser que dans un prochain quinquennat.

L’ampleur du chantier a fait conclure à nombre de magistrats présents que la mission confiée à la Commission indépendante présidée par Jean-Marc Sauvé était irréaliste.

Emmanuel Macron a insisté dans son intervention sur “les lenteurs” et les “lourdeurs du service public de la justice”, qui “ne satisfont aujourd’hui personne, ni les victimes qui ont le sentiment d’une impunité généralisée, ni les policiers et gendarmes qui ont le sentiment d’inutilité. Ni les magistrats et les avocats qui eux-mêmes vivent la même frustration, ni même les coupables pour qui dans trop de cas, la peine perd de son sens avec ces durées”.

“Nous sommes dans un monde où on peut suivre le colis que l’on a commandé à la minute et où ce qui est le coeur de notre vie, ce qui nous empêche de dormir, on ne sait pas où ça en est”, a regretté le chef de l’Etat.

“Les lenteurs sont un sujet mais notamment lié au manque criant de personnel, qui n’a pas été évoqué”, a réagi Céline Parisot, présidente de l’USM (Union syndicale des magistrats).

Comme pour la santé ou la sécurité précédemment, cette vaste consultation va réunir pendant plusieurs mois tout l’écosystème de la justice (juges, procureurs, greffiers, auxiliaires, avocats, mandataires huissiers, surveillants pénitentiaires…) ainsi que des citoyens volontaires.