Le chef de l’Etat a dévoilé ses souhaits pour l’enseignement supérieur pour les prochaines années : adapter les formations aux besoins des entreprises, faire payer les étudiants, réformer l’orientation, donner plus d’autonomie aux établissements.

CREDIT :  pixabay

Vers toujours plus de libéralisme dans les universités. S’il est réélu, Emmanuel Macron s’attaquera à la sacro-sainte quasi-gratuité des études supérieures en France. C’est ce qu’il a annoncé lors de son discours de clôture du 50e anniversaire du congrès de la Conférence des présidents d’universités.

Comparant la formation des étudiants à des « investissements », le chef de l’État a qualifié de « formidable gâchis » le fait que, selon lui, « 50 % des étudiants seulement se présentent aux examens de première année ». Un chiffre très éloigné de celui donné par la CPU qui, en mars 2021, annonçait un taux de participation aux examens de 90 % en première année. Le président a souhaité des formations universitaires « plus professionnalisantes »« en assumant que la logique de l’offre prenne le pas sur la logique de la demande », pour mieux répondre aux besoins du marché du travail.

Le discours et surtout les sous-entendus du président sur une possible augmentation du prix des frais d’inscription à l’université a suscité de nombreuses réactions à gauche. « Refusons la mise en place d’une sélection par l’argent dans l’enseignement supérieur. L’université doit être gratuite », a écrit Alexis Corbière, député LFI et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, sur Twitter.

« La fac réservée aux gosses de riches, c’est le modèle américain », a réagi le candidat PCF à l’élection présidentielle Fabien Roussel. La proposition d’Emmanuel Macron est, selon lui, « complètement à côté de la plaque ».

La candidate PS à l’élection présidentielle Anne Hidalgo a de son côté fustigé « une brutalité sociale ». La porte-parole de son parti Gabrielle Siry-Houari a aussi dénoncé une volonté « véritablement déprimante » du président « de détruire tout ce qui fait le système français ».

Fort de ce bilan, Emmanuel Macron veut «redoubler d’efforts pour qu’à l’horizon de dix ans, notre université soit plus forte, qu’elle attire à elle les meilleurs étudiants et talents internationaux». Pour ce faire, le candidat s’est engagé à débloquer plus de moyens, sans détailler combien, mais il a surtout affirmé que les efforts financiers «ne se suffis[ai]ent pas à eux-mêmes».

Autre chantier : l’accès à l’emploi. «L’université doit d’abord préparer nos jeunes à exercer leur futur métier. […] En somme, elle doit devenir plus efficacement professionnalisante», a-t-il affirmé. Une volonté qui devrait déboucher vers l’ouverture de places en filières courtes, alors même que ce sont les diplômes les plus élevés qui protègent le plus du chômage. Globalement, c’est bien la professionnalisation, le lien avec le monde de l’entreprise et l’innovation qui sont mis en avant. Une vision «utilitariste» de l’université dénoncent certains. Le président, qui appelait les scientifiques internationaux à venir en France pour «make our planet great again», semble bien loin.