Le candidat d’extrême droite Eric Zemmour était opposé au ministre de l’Économie Bruno Le Maire ce jeudi lors d’un débat sur France 2.

CREDIT  : Eric Zemmour face à Bruno Le Maire sur France 2, le 9 décembre 2021. Capture France 2

C’était son premier grand débat en tant que candidat à la présidentielle. Jeudi 9 décembre 2021, Eric Zemmour a fait face à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, dans l’émission de nos confrères de France 2 « Elysée 2022 ».
Une heure de débat entre le polémiste et le locataire de Bercy autour des questions économiques mais aussi sociales et migratoires, qui a entraîné des débats houleux.

Compatibilité de l’islam avec la République, affrontement sur la rafle du Vel’ d’Hiv… : le candidat à la présidentielle Eric Zemmour et le ministre de l’Economie Bruno Le Maire se sont livrés jeudi à un débat agité sur l’état du pays, son histoire et leur conception de la nation.

Pour Bruno Le Maire, Eric Zemmour « divise les Français » et a estimé que le candidat avait « toutes les dispositions pour devenir dictateur », l’ancien journaliste lui rétorquant « le grand déclassement » et le « grand remplacement » de la France depuis plusieurs années à ses yeux.

Eric Zemmour n’a pas dérogé à sa ligne sur l’assimilation, l’islam et la vague migratoire qu’il considère être un « danger mortel pour la France », mais s’est parfois emporté, autant que Bruno Le Maire, faisant virer le débat à la cacophonie.

Sur le plan économique
Bruno Le Maire a défendu les résultats économiques du gouvernement : « Nous avons baissé l’impôt sur le revenu, nous avons augmenté les participations, grâce à nous, les salariés au Smic ont déjà un 13e mois, c’est une excellente nouvelle. Ce n’est pas le grand déclassement, monsieur Zemmour, c’est le grand redressement de la France. Deux fois plus d’entreprises industrielles ouvertes que fermées cette année, ça n’était pas arrivé depuis 20 ans ».

Le ministre de l’Économie a contesté la faisabilité et le coût du programme économique d’Eric Zemmour, qui contient notamment des baisses d’impôt dont la CSG (contribution sociale généralisée). Une mesure qui serait, d’après Bruno Le Maire, susceptible d’être retoquée par le Conseil constitutionnel au nom du principe d’égalité des Français devant l’impôt. Ce à quoi Eric Zemmour s’est contenté d’opposer son intention de passer par le référendum pour contourner l’institution.

Le régime de Vichy a fait monter la débat
Le débat a été plus agité encore sur le rôle de la France sous l’Occupation. Bruno Le Maire a accusé Eric Zemmour de « réhabiliter le régime de Vichy », de faire « de Pétain le défenseur des juifs français » et lui a demandé s’il serait prêt à revenir sur le discours du Vel d’Hiv de Jacques Chirac, en 1995, qui reconnu pour la première fois la responsabilité de l’État dans la déportation des juifs.

Sur le « Grand Remplacement », l' »Identité Française »
Les deux protagonistes ont ensuite évoqué l’identité française, notamment la théorie xénophobe et complotiste du « grand remplacement » portée dans cette campagne par le candidat d’extrême droite, avant de basculer sur un débat historique devenu houleux.

« Je pense que le “grand remplacement” est un fantasme », a fait savoir le ministre de l’économie, avant de condamner les propos de M. Zemmour sur les musulmans et l’islam :
« Quand vous dites qu’un musulman devra choisir entre l’islam et la France, vous lui refusez la possibilité de pratiquer sereinement sa foi tout en participant à la République et tout en étant dans la République un citoyen tout à fait respecté et estimable. Et c’est là que nous divergeons profondément dans le fond. »

Quand le ministre a abordé ensuite la controverse autour des enfants juifs Arié et Gabriel Sandler, assassinés par le terroriste Mohammed Merah en 2012, qui est décrit dans le dernier livre d’Eric Zemmour comme des « étrangers avant tout et voulant le rester par-delà la mort » parce qu’inhumés en Israël, le candidat d’extrême droite s’est emporté et a réfuté avoir tenu ces propos, pourtant qu’il a écrit.

Le débat se poursuit de manière houleuse sur le sujet, « C’est la vraie différence qui fait que vous ne serez jamais président de la République : c’est que vous n’assumez pas vos propos », a assené Bruno Le Maire, avant de continuer : « La cohérence de ma vie politique elle est très simple, elle est de toujours lutter contre l’extrême droite. (…) Le débat que nous venons d’avoir (…) confirme l’impérieuse nécessité de lutter contre vous. » « C’est une fierté », a répondu Eric Zemmour.