La Russie a réussi à détruire, lundi 15 novembre, l’un de ses propres satellites en lançant un missile antisatellite.

CREDIT  : SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP

Pas peu fier, le ministère russe de la Défense s’est fendu mardi 16 novembre 2021 d’un communiqué se félicitant du succès, lundi, d’un test ​de destruction par missile d’un de ses satellites en orbite à plusieurs centaines de km autour de la Terre.

De type Tselina-D, l’engin de deux tonnes lancé en 1982, inactif depuis plusieurs décennies. En détruisant l’engin spatial, des dizaines de milliers de débris ont été générés dans une zone située non loin de la Station spatiale internationale (ISS), faisant craindre le pire à son équipage international. Les sept personnes – quatre astronautes américains et un allemand, deux cosmonautes russes – ont dû se préparer à une éventuelle évacuation en urgence, une collision avec l’un de ces morceaux de satellite étant capable d’endommager la station scientifique.

Une « réussite » que n’a pas goûtée la communauté internationale, particulièrement les nations possédant des satellites hors de prix et vitaux, déjà menacés par les nombreux débris issus des premières décennies de conquête spatiale.

Un acte irresponsable de la part de la Russie​, a dénoncé le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, depuis Bruxelles.
Pour le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, les débris risquent de menacer les activités spatiales « pour des décennies ».
​Il a promis que son pays travaillerait ​avec ses alliés pour répondre à cet acte irresponsable​.
Les saccageurs de l’espace ont une responsabilité accablante en générant des débris qui polluent et mettent nos astronautes et satellites en danger », ​a pour sa part déclaré la ministre française des Armées Florence Parly.

Si l’ISS a pratiquement atteint sa date de péremption, prévue en 2028 grand maximum, pas sûr que les Chinois, pourtant alliés des Russes quand il s’agit de faire face à la communauté internationale, apprécient le risque encouru par leur propre station, lancée et assemblée au printemps, et ses trois taïkonautes. À bord de l’ISS, quatre astronautes américains, un spationaute allemand et deux cosmonautes russes ont dû s’abriter dans des capsules d’évacuation d’urgence pendant deux heures après le tir.