L’Amérique devrait sous peu interdire ou limiter l’IVG dans la moitié du pays

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Vers la fin de l’avortement aux USA – CREDIT : Pixabay

Vendredi, la Cour suprême a annulé l’arrêt Roe v. Wade qui garantissait le droit à l’avortement aux Etats-Unis. Chaque Etat américain sera libre d’autoriser ou d’interdire l’IVG, comme avant 1973.

Une décision qui va avoir des conséquences : 13 Etats américains conservateurs avaient adopté des « trigger laws », des lois « automatiques » leur permettant de rendre tout avortement illégal dès la décision annoncée. Une douzaine d’autres Etats devraient suivre : au total, l’avortement devrait être interdit ou extrêmement limité dans plus de la moitié des 50 Etats américains.

Les femmes désirant avorter seront obligées de poursuivre leur grossesse, de se débrouiller clandestinement notamment en se procurant des pilules abortives sur Internet, ou de voyager dans d’autres Etats où les IVG resteront légales.

Parce que malgré l’interdiction de l’IVG dans certains Etats, la pilule abortive va certainement continuer de circuler car elle est difficilement contrôlable. Depuis le coronavirus, elle peut être envoyée par la poste, après une consultation en visioconférence ou par téléphone – à condition que la communication ait lieu dans un Etat qui autorise l’IVG. Ainsi, elle peut être prise dans l’intimité, à la maison. Cette particularité rend assez complexe toute forme de contrôle de la part d’un Etat anti-avortement.

Les défenseurs du droit à l’avortement craignent aussi que la Cour suprême, forte d’une claire majorité conservatrice, ne revienne sur d’autres droits comme le mariage pour tous ou la contraception.