Étienne Mougeotte est mort, a-t-on appris ce jeudi de sa famille, confirmant une information d’Europe 1. Celui qui avait notamment été numéro 2 de TF1, pendant 20 ans, à la tête des rédactions du quotidien Le Figaro de 2007 et 2012 ou encore directeur de l’information de Europe 1, est décédé à l’âge de 81 ans.

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Accusé de céder parfois à la facilité dans sa course à l’audience, il soulignait alors invariablement « le divorce entre les élites et le peuple : il y a toujours un monde entre l’immense majorité des gens qui regardent la télévision et ceux qui écrivent sur elle ». « Malin », « filou » ou « madré », les journalistes du Figaro, dont il avait dirigé les rédactions de 2007 à 2012, reconnaissaient son professionnalisme, mais son engagement trop visible en faveur de Nicolas Sarkozy avait fait des vagues au sein du journal.

Lors de la dernière campagne, à coups de gros titres anti-Hollande, la Une du Figaro était devenue une « caricature », estime un journaliste. Au point que François Hollande refusa d’accorder des interviews au journal, provoquant regrets et amertume de sa Société des Journalistes. « On n’est pas là pour emmerder Sarkozy, ceux qui sont pas contents peuvent aller travailler ailleurs », rétorquait sans détour Mougeotte, de sa voix rocailleuse, séquelle d’un cancer de la gorge.

Rapide, gros travailleur et petit dormeur, humant l’air du temps avec délectation, Etienne Mougeotte a fait carrière dans un domaine qui n’était pas vraiment dans les radars de ce fils de cheminot, né le 1er mars 1940 à La Rochefoucauld (Charente). Diplômé de Sciences Po, le jeune Mougeotte rêvait de faire l’ENA, pas de tâter du journalisme. C’est en tant que vice-président de l’UNEF, célèbre syndicat étudiant, qu’il prendra goût à l’information, au sens large. « J’ai vu, des coulisses, les petites et grandes manœuvres d’un gros appareil syndical. Et de ce jour, je me suis dit : “Tu ne feras jamais de politique !” A l’inverse, il faut que tu deviennes journaliste. Pour raconter le dessous des cartes », racontait-il à L’Express en 2004.

Il était également président depuis 2015 du groupe de presse Valmonde, propriétaire de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, et qu’il avait racheté en association avec l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa et un autre ancien dirigeant du groupe TF1, Charles Villeneuve. Début février, il avait publié ses mémoires dans l’ouvrage « Pouvoir » (Calmann Lévy), coécrit avec Jean-Michel Salvator, directeur des rédactions du Parisien.