Un ultime feu vert pour un accord “historique”. Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20, réunis à Rome (Italie) samedi 30 octobre, ont donné leur accord à une réforme fiscale qui ambitionne de mettre fin aux paradis fiscaux.

CREDIT : Les 20 chefs d’Etats et de gouvernements à Rome pour le G20. – Ludovic MARIN / POOL / AFP

Sous l’égide de l’OCDE, 136 pays, représentant plus de 90% du PIB mondial, s’étaient engagés début octobre à taxer de manière plus équitable les multinationales, et à instaurer un taux d’impôt minimal mondial de 15% à partir de 2023. Ce feu vert, annoncé par la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, sera formalisé dans le communiqué final du G20, dimanche.

“Depuis quatre ans, je me bats pour mettre en oeuvre une taxation internationale d’au moins 15% pour les entreprises multinationales. Ce soir, nous y sommes !” a tweeté le président français Emmanuel Macron. “La taxe minimale sur les entreprises est un grand succès, c’est un signal clair d’équité”, a poursuivi la chancelière allemande, Angela Merkel.

« C’est une véritable révolution fiscale, au service de la justice et de l’efficacité économique », a réagi le ministre de l’économie français, Bruno Le Maire. La France, qui occupera la présidence tournante du Conseil européen à partir de janvier 2022, compte en profiter pour « mettre en œuvre concrètement cet accord ». « La taxe minimale sur les entreprises est un grand succès, c’est un signal clair d’équité », a renchéri la chancelière allemande, Angela Merkel. « C’est plus qu’un simple accord fiscal, c’est la diplomatie qui redessine notre économie mondiale et la met au service de notre population », s’est également enthousiasmé le président des Etats-Unis, Joe Biden.

L’impôt minimal de 15% devrait rapporter environ 150 milliards de dollars de recettes supplémentaires par an. Une petite révolution qui risque cependant de prendre du temps, dans la mesure où chaque pays doit désormais traduire cet accord mondial dans sa propre législation.

La taxe minimale de 15%, sont jugés insuffisants par certains pays émergents, d’autant que le taux moyen d’impôt sur les sociétés dans le monde est à présent de 22%, contre 50% en 1985. Le Kenya, le Nigeria, le Sri Lanka et le Pakistan, associés aux négociations qui comprenaient 140 pays, manquent encore à l’appel.