“Les enfants de 2010 sont devenus une cible: la FCPE demande au gouvernement d’agir en urgence!” Voici l’appel de l’association de parents d’élèves dans un communiqué publié ce mercredi 15 septembre.

Particulièrement depuis la rentrée, de jeunes collégiens sont victimes d’une campagne de harcèlement qui a ceci de particulier qu’elle vise les élèves nés en 2010.

“Anti-2010”, “petit 2010 de merde”, “brigade contre les 2010″…

Depuis quelques mois, les élèves nés en 2010 sont victimes d’insultes et de harcèlement dans les cours de récréation et sur les réseaux sociaux avec le hashtag #anti2010.

Un phénomène qui a pris de l’ampleur avec la rentrée, à tel point que la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) a demandé au gouvernement d’agir, jeudi 16 septembre.

Harcèlement des ados nés en 2010, la FCPE demande au gouvernement d'agir

Francois Le Gall

Depuis quelques semaines, voire mois, une campagne de harcèlement contre les jeunes nés en 2010, qui pour la plupart sont rentrés en 6e cette année, essaiment sur les réseaux sociaux, notamment sur Tik Tok, particulièrement plébiscité par les plus jeunes.

La Fédération des conseils de parents d’élèves demande au gouvernement de s’emparer du sujet.

Le hashtag #Anti2010 cumulait jeudi 16 septembre 40 millions de vues.
Une campagne de harcèlement qui s’étend parfois jusque dans les cours de récréation. “Ma fille craint d’aller au collège lundi car les enfants nés en 2010 seraient la cible d’insultes. Ce serait un challenge Tiktok (ou toc toc). Ça vous parle ?”, alertait notamment une mère de famille le 7 septembre dernier sur Twitter.

Incompréhensible. Un déchaînement de propos haineux visant les adolescents nés en 2010 s’abat depuis la rentrée sur les réseaux sociaux. Les posts sur TikTok comprenant le hashtag #anti2010 fleurissent et sont likés par des milliers d’utilisateurs. Des vidéos moqueuses, insultantes ou incitant à la violence envers ces mineurs qui ont tout juste eu 11 ans cette année.

« Il est inacceptable que des enfants soient victimes d’appel à la haine, d’appel à la mort sur les réseaux sociaux associés à des images ultraviolentes », poursuit la FCPE. D’autant que les raisons de cet acharnement paraissent complètement insignifiantes. La rage de beaucoup de cyberharceleurs viendrait du fait que les jeunes nés en 2010 et arrivant sur le jeu en ligne Fortnite, pollueraient les parties.

Marginale depuis novembre 2020, la situation a pris une telle ampleur que la FCPE (l’Association de Parents d’élèves adhérents) a interpellé le gouvernement dans un communiqué pour lui demander d’agir en urgence. « Le phénomène a largement dépassé les cours de récréation ou les altercations à la sortie des établissements, là où des personnels éducatifs peuvent encore repérer et agir », assure l’association qui évoque une campagne de cyberharcèlement.

Les internautes se moquent également beaucoup des 2010 à travers la vidéo de la jeune Youtubeuse Pink Lily. Dans son clip sorti en août, elle chante les caractéristiques de sa génération en évoquant notamment le jeu Pop-it, une petite planche en silicone qui imite le papier bulle et que les moins de 12 ans s’arrachent.

« Si un grand nombre d’enfants ne fréquentent pas les plateformes, pour celles et ceux qui y passent du temps, il est évident que leur santé mentale et psychologique est en réel danger. La peur envahit leur quotidien pour aller à l’école ou rentrer chez eux », assure la FCPE. L’Association appelle le gouvernement à se saisir de la question immédiatement en mettant en place « une vigie de grande ampleur » et en développant « une véritable politique de protection de l’enfance sur les réseaux sociaux ».

C’est révélateur de notre société où la haine est de plus en plus présente et s’affiche sur les réseaux sociaux. Les enfants reproduisent à leur échelle ce à quoi ils assistent. C’est très grave, on en vient à discriminer quelqu’un sur son année de naissance.

Où va-t-on?”, s’alarme de son côté chez nos confrères de BFMTV Hugo Martinez, président de l’association Hugo! qui lutte contre le harcèlement scolaire. “Craignant une escalade de haine”, il appelle le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique Cédric O à se saisir du sujet.