La crise migratoire actuelle entre la Biélorussie et l’Union européenne  se caractérise par un afflux massif de migrants du Moyen-Orient (principalement d’Irak) vers la Pologne via les frontières de ce pays avec la Biélorussie.

CREDIT  :  Leonid Shcheglov / BELTA / AFP

Ces populations ont été déplacées afin de susciter la compassion de l’Europe occidentale. Les pays directement concernés comme la Pologne mais aussi la Lituanie et la Lettonie qualifient cette instrumentalisation de la misère humaine comme un « acte de guerre hybride ». En effet, l’effet recherché semple être la déstabilisation de l’union européenne dont l’avis des pays membres sur le sujet de l’immigration est souvent divergent.

Malheureusement ce qui se passe actuellement à cette frontière n’est pas un fait unique ; cet évènement fait suite aux incidents dans l’enclave espagnole de Ceuta, située en Afrique du Nord. Cette petite enclave espagnole s’est trouvée débordée par ce flux migratoire de population africaine au mois de mai dernier. La frontière a subi une pression sans précédent puisqu’on a estimé que 8 000 personnes l’ont franchi. Dans cette zone, c’est le Maroc qui par sa passivité a permis ces débordements. D’un point de vue stratégique, le Maroc n’a jamais accepté que l’Espagne possède 2 enclaves (Ceuta et Melilla) au sein de son territoire. Mais cette crise est également liée au conflit diplomatique qui oppose les deux pays autour de la question du Sahara occidental.

On retrouve cette triste situation également en Turquie où son dirigeant menace perpétuellement l’union européen de rendre ses frontières poreuses afin de faire transiter des migrants venus dans le cas présent du proche orient. Pourtant un accord financier avait été conclu en 2016 : l’UE avait versé à la Turquie 6 milliards d’euros. Sous la pression, l’UE a reconduit cet accord en mars dernier.

Ces trois exemples montrent qu’actuellement la misère humaine est utilisée à des fins géopolitiques et même financières. L’instrumentalisation de la misère humaine est devenue de nos jours un moyen de pression stratégique, une nouvelle arme, en quelque sorte.