Le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU de Marseille, a été sanctionné ce vendredi d’un « blâme » par la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine, chargée d’analyser deux plaintes déposées contre lui par ses pairs fin 2020.

CREDIT  : Le professeur Didier Raoult et son avocat Fabrice Di Vizio lors d’une audience devant la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine, le 5 novembre 2021 à Bordeaux. AFP

L’instance a publié cette sanction, la deuxième en importance après le simple avertissement, sans l’assortir des motivations de cette décision contre l’infectiologue marseillais de 69 ans.

Pour Me Fabrice Di Vizio, l’avocat de Didier Raoult, il s’agit en fait d’« une belle victoire pour la défense » et « pour la paix sociale », a-t-il tweeté. « Aujourd’hui Didier Raoult a reçu une tape sur les doigts, on est loin du Didier Raoult dangereux, assassin et toutes ces autres conneries racontées depuis un an ».

« On s’attendait » à cette décision car « il était difficile de prononcer une interdiction étant donné que le professeur Raoult n’exerce plus », a expliqué Me Philippe Carlini, avocat de l’Ordre des médecins, qui n’aura les motivations de la chambre qu’en « début de semaine prochaine ». Le conseil de l’ordre des Bouches-du-Rhône doit se réunir lundi pour analyser cette sanction.

Il était reproché au Pr Raoult plusieurs infractions au code de déontologie médicale dans sa promotion de l’hydroxychloroquine comme traitement contre le Covid-19, malgré l’absence d’effet prouvé aujourd’hui encore.

En plus de cette procédure, le professeur Raoult est visé, avec l’IHU qu’il a créée en 2011, par plusieurs autres enquêtes sur les conditions dans lesquelles l’institut a conduit ses études autour du Covid-19.

Ces investigations ont été ouvertes cette année par l’université Aix-Marseille, par les hôpitaux de Marseille (AP-HM) et par l’agence nationale du médicament (ANSM), après un article de L’Express sur de « possibles manquements à la réglementation des essais cliniques ».

L’IHU et son directeur sont également accusés, dans un article de Mediapart, d’avoir mené « une expérimentation sauvage contre la tuberculose ». L’ANSM a annoncé « diligenter une inspection » au sein de l’IHU, l’AP-HM a lancé une enquête, tandis que le parquet de Marseille a demandé une « évaluation » des suites judiciaires à donner.