Des bovins égorgés et conscients, des fœtus de veaux servant à des prélèvements, des vaches maltraitées lors de leur acheminement…

Crédits :  AFP

Thomas Saïdi, qui témoigne à visage découvert dans la vidéo de L214, s’est fait embaucher comme “contrôleur en abattoir” au sein d’une équipe de 15 agents des services vétérinaires officiels de l’abattoir Bigard de Cuiseaux (Saône-et-Loire), avec pour seule expérience deux ans en tant qu’“accrocheur de volailles” dans un abattoir.

Infiltré donc pendant quatre mois dans un abattoir de bovins en Saône-et-Loire, l’enquêteur de L214 a été témoin de multiples infractions aux règles sanitaires et de protection animale.

Dans une nouvelle vidéo choc dévoilée ce jeudi, l’association de défense des animaux L214 dénonce le traitement des bovins et le manque de contrôle dans un abattoir de Cuiseaux (Saône-et-Loire), du groupe Bigard (propriétaire des marques Bigard, Charal et Socopa).

Sans avoir reçu davantage de formation, il s’est retrouvé seul à contrôler l’abattage rituel au bout d’une semaine, affirme L214 dans un communiqué diffusé ce jeudi 28 octobre.

L’employé a aussi été témoin de l’aspiration du sang, à des fins de commercialisation, de fœtus de veaux asphyxiés dans le ventre de leur mère fraîchement abattue – prouvant ainsi le transport illégal de bovins arrivés à terme de leur gestation. Selon l’association, du sérum de veau fœtal est extrait puis vendu à l’entreprise SeraFrance.

Le groupe Bigard (marques Bigard, Socopa, Charal), leader de la viande bovine en France et en Europe, s’est refusé à tout commentaire.

Les infractions ne sont pas contrôlées voire se produisent devant les agents des services vétérinaires “sans déclencher aucune réaction”, et ce par manque de personnel, selon L214.

“Il n’y a pas assez de personnel, c’est vrai que si on doit suivre le règlement, il faut qu’on regarde tous les animaux au moment de l’abattage, mais c’est pas ce qu’on fait dans la réalité”, avoue le vétérinaire officiel de l’abattoir pendant l’enquête de L214.

À l’abattoir de Cuiseaux, seuls 1 à 2% des abattages sont contrôlés, selon l’association.