La Russie a bien évidement mis, vendredi 25 février, son veto, lors d’un vote au Conseil de sécurité de l’ONU, à une résolution approuvée par une majorité de ses membres. Le texte déplorait dans « les termes les plus forts » son « agression contre l’Ukraine » et lui réclamait de retirer « immédiatement » ses troupes de ce pays.

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Sur les 15 membres du Conseil, 11 pays ont voté en faveur du texte, co-rédigé par les États-Unis et l’Albanie, trois se sont abstenus: Chine, Inde et Émirats arabes unis.

Le projet avait été adouci dans les heures précédant le scrutin pour « sécuriser » des abstentions et éviter que ces trois pays ne votent non, selon un diplomate. Le texte proposé ne comportait ainsi plus le terme « condamner », remplacé par « déplorer ». Une référence au chapitre 7 de la Charte de l’ONU, qui prévoit un possible recours à la force, a aussi été supprimée.

La résolution « condamne » l’agression de la Russie, a cependant jugé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, tandis que son homologue albanais, Ferit Hoxha, dénonçait de manière virulente Moscou pour avoir « décidé d’infliger la mort » en Ukraine. « Les États membres responsables n’envahissent pas leur voisin », a ajouté la diplomate américaine, en estimant que les pays abstentionnistes, lors du vote, « ne défendent pas la Charte des Nations Unies ».

Avant le vote, l’ambassadeur ukrainien à l’ONU, Sergiy Kyslytsya, avait aussi estimé que le scrutin représentait « un moment de vérité ». C’est celui de savoir « qui est du bon côté », a-t-il dit, avant de poser pour les caméras, drapeau ukrainien en main et entouré de tous les ambassadeurs de l’Union européenne, devant une vaste tapisserie représentant Guernica de Picasso, ornant un mur à l’entrée du Conseil de sécurité.