Organiser la prise de l’Élysée par le peuple, c’était l’un des projets fous de Rémy Daillet-Wiedemann.

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Figure influente des milieux complotistes, ce Français de 55 ans a été mis en examen le 22 octobre pour terrorisme. Les investigations ont mis au jour un inquiétant projet de coup d’État visant à s’emparer de l’Elysée, avec l’aide de ses nombreux partisans et d’une vaste organisation paramilitaire.

Naissance de l’« Opération Azur ».
Depuis la Malaisie, le complotiste est soupçonné d’avoir monté une organisation clandestine pour s’emparer de l’Elysée.
L’objectif, a expliqué l’un des bras droits de Rémy Daillet lors de sa garde à vue : « C’est l’opération finale qui consiste à mobiliser le maximum de gens, de manifestants, (…).
La manifestation a une grande ampleur, tout le monde est débordé et ça précède le renversement de gouvernement et des structures étatiques. » Et pour mener à bien ce projet fou, qui consistait à s’emparer de l’Élysée, de l’Assemblée nationale et du ministère des Armées, Rémy Daillet avait commencé à s’entourer d’une organisation structurée et hiérarchisée. Parmi ses rangs, 36 « capitaines de région » se répartissant le territoire, et de nombreux militaires, gendarmes et policiers parfois toujours en activité.

Sur les 300 membres revendiqués par l’organisation complotiste, la DGSI a pu identifier plusieurs dizaines de personnes. Parmi elles, des profils variés: policiers, gendarmes et militaires en activité, mais aussi une avocate au barreau de Paris ou encore un maire.

L’homme, ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne ensuite exclu de la formation politique par François Bayrou, fils de député centriste, qui s’est exilé en Malaisie avant d’en être extradé en juin dernier, est devenu une figure de la sphère complotiste via des vidéos en ligne. Il a acquis une certaine notoriété à compter de la fin de l’année 2020.

Selon l’avocat de Rémy Daillet, maître Jean-Christophe Basson-Larbi, “décrire ainsi une armée de l’ombre qui aurait eu pour tête pensante Rémy Daillet, c’est une caricature du dossier. S’il y a eu projet de coup d’État violent, mon client y était étranger”.