Le gouvernement s’attaque aux pénuries de main-d’œuvre, qui grippent la chaîne de production dans un nombre croissant d’entreprises. Lundi 27 septembre, Jean Castex devait se rendre à Châtellerault (Vienne) pour dévoiler un « plan de réduction des tensions de recrutement ».

Jean Castex fixe l’objectif de former « 1,4 million de demandeurs d’emploi en 2022 » – Photo AFP

M. Castex entend remédier à ce problème qui a pris une « dimension exacerbée », affirme-t-il dans un entretien au quotidien Les Echos de lundi. Le premier ministre cherche également à répondre aux attentes des industriels qui vivent des transformations majeures, sous l’effet de la transition écologique et de la digitalisation de l’économie (automobile, aéronautique…). Il veut, enfin, relancer des individus éloignés du monde du travail et prévenir le risque de déclassement chez des salariés dont les savoir-faire seront bientôt obsolètes.

Avec le rebond de la croissance, de plus en plus de patrons se plaignent de ne pas trouver le personnel dont ils ont besoin, en particulier dans le bâtiment, l’hôtellerie-restauration, le transport routier de marchandises et les services d’aide à domicile.

Pour les demandeurs d’emploi de longue durée, qui comptent désormais pour plus d’un inscrit sur deux à Pôle emploi (50,3 %), il indique vouloir « rendre plus incitatif le bénéfice des contrats de professionnalisation pour les adultes ». Et ce « en étendant sur toute l’année 2022 l’aide à l’embauche des alternants, qui fonctionne très bien pour les jeunes ». Cette aide de 8 000 euros pour un majeur sera ainsi applicable aux contrats de professionnalisation pour les demandeurs d’emploi longue durée. Pour les jeunes (5 000 euros pour un mineur, 8 000 euros pour un majeur), elle a été prolongée à plusieurs reprises, la dernière fois début septembre jusqu’au 30 juin 2022.

Interrogé en outre sur le futur « revenu d’engagement » pour les jeunes, le Premier ministre réaffirme que l’objectif n’est pas d’instaurer un RSA jeunes, notant que « de ce point de vue-là, le mot “revenu” a pu interroger ». « Levons toute ambiguïté, nous sommes dans une logique contractuelle », dit-il.