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Affaire Mila: la polémique Instagram qui a dégénérée, 13 personnes jugées à Paris

Treize personnes seront jugées ce jeudi 3 juin à Paris pour avoir participé au harcèlement en ligne de Mila, une adolescente qui avait tenu des propos insultants sur l’Islam en janvier 2020.


Capture Quotidien

L'ado de 17 ans avait reçu 100 000 messages de haine pour avoir critiqué l'islam.

Un procès du "lynchage numérique" de Mila s'ouvre jeudi 3 juin devant le tribunal correctionnel de Paris.

Dix hommes et trois femmes, âgés de 18 à 35 ans devant les juges.


Un lynchage à la fois "effrayant et glaçant", pour son avocat, Richard Malka, qui s'exprimé chez nos confrères de France info avant le début de l'audience.

Après la publication de vidéos critiques et polémiques sur l'islam en janvier et novembre 2020, cette jeune femme a été la cible de "raids numériques" : des déferlements de haine sur les réseaux sociaux.


« Qu’elle crève », « Tu mérites de te faire égorger »…

Depuis presque 18 mois, Mila, une adolescente de 18 ans originaire de l’Isère, est la cible récurrente de menaces de mort sur les réseaux sociaux après ses propos insultants sur l’Islam.


"Jamais dans l'histoire de ce pays, une jeune fille n’a reçu 100 000 messages haineux", souligne son avocat Richard Malka.


Cette histoire trouve son origine le 18 janvier 2020. Mila, lycéenne de seconde alors âgée de 16 ans lance un direct sur son compte Instagram où elle se maquille et montre sa nouvelle couleur de cheveux.

Mila explique ne pas être attirée particulièrement par « les rebeus et les noires ». L’homme du début commence alors à l’insulter violemment de « sale lesbienne », « sale raciste ». « Le sujet a basculé sur la religion » et la jeune fille « donne son avis » sur l’Islam.

« Je déteste la religion, le Coran est une religion de haine, l’islam c’est de la m****. Je dis ce que je pense, y déclare crûment la jeune fille. Je ne suis pas raciste, mais pas du tout. On ne peut pas être raciste d’une religion. J’ai dit ce que je pensais, j’ai totalement le droit, je regrette pas du tout. »


Sur les réseaux sociaux, deux camps apparaissent rapidement sous les hashtags #JeSuisMila et #JeNeSuisPasMila. Les premiers soutiennent la jeune fille contre les menaces et défendent sa liberté d’expression, quand les seconds lui reprochent ses propos contre l’Islam. Mila porte plainte et deux enquêtes sont ouvertes : une contre Mila pour appel à la haine, rapidement classée, et l’autre pour appel au meurtre.


Le 22 janvier, Marine Le Pen tweete sur le sujet et compare les propos de Mila aux caricatures de Charlie Hebdo.


L’affaire devenue politique, le gouvernement est interrogé sur le sujet. Au micro d’Europe 1 le 29 janvier, la ministre de la Justice d’alors, Nicole Belloubet, dénonce les menaces de mort mais évoque aussi une faute commise selon elle par Mila : « L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave, mais ça n’a pas à voir avec la menace ».


Âgés de 18 à 35 ans, les treize prévenus sont tous poursuivis pour « harcèlement moral en ligne » pour lequel ils encourent deux ans de prison et 30.000 euros d’amende. Dix d’entre eux comparaissent également pour des « menaces de mort » ou « menace d’un autre crime », des faits pouvant être punis de trois ans de prison et 75.000 euros d’amende. Intérimaire, étudiant ou sans emploi, athées, musulmans ou catholiques, ces dix hommes et trois femmes aux profils divers ont tous été placés sous contrôle judiciaire dans l’attente du procès. Plusieurs mineurs sont également poursuivis dans ce dossier mais seront jugés ultérieurement, devant une juridiction spécialisée.

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