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Affaire Mila : treize personnes sont jugées jusqu’à ce mardi pour «harcèlement» et «menaces de mort»

Au procès des cyberharceleurs de l’adolescente, « il y aura un avant et un après ».

Mila, le 3 juin 2021 à Paris. © BERTRAND GUAY / AFP

Treize gouttes d’eau dans le déluge de haine qui s’est abattu sur Mila Orriols, des dizaines de milliers de messages, depuis les prises de position de la jeune femme de 18 ans, communément désignée par son prénom, au sujet de l’islam. « Votre religion, c’est de la merde, votre dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul », disait-elle dans une vidéo publiée en janvier 2020, à la suite de commentaires critiquant son homosexualité au nom de l’islam, avant de réitérer ses propos en novembre, dans une nouvelle vidéo relative au harcèlement qu’elle subissait en ligne, et qui avait alors redoublé.


Les treize prévenus âgés de 18 à 30 ans, pour la plupart sans antécédents judiciaires, athées ou de toutes confessions, comparaissent pour harcèlement, parfois accompagné de menaces, cités par le parquet dans le cadre d'une enquête du nouveau pôle national de lutte contre la haine en ligne.

Des profils "surprenants" pour le président du tribunal Michaël Humbert qui, pendant près de 14 heures d'audience, a souvent rappelé son rôle: "comprendre" un "phénomène de société", sans "excuser" ni "légitimer", sans "faire un exemple" non plus.


"Il y aura un avant et un après ce procès. Nous sommes en train de poser les règles de l'acceptable et de l'inacceptable", a estimé le magistrat, alors que l'affaire Mila a ravivé le débat sur les limites de la liberté d'expression.

Face à une salle comble et malgré l’heure tardive, le président de la 10e chambre du tribunal judiciaire de Paris a insisté, ce lundi soir, sur la portée de la journée qui venait de s’écouler. « C’est le procès de treize personnes mais c’est aussi le procès d’un phénomène », a-t-il expliqué à Mila, l’adolescente cyberharcelée et menacée de mort depuis janvier 2020 après la publication de deux vidéos virulentes à l’encontre de l’islam. Plus tôt, le magistrat Michaël Humbert s’était dit certain « qu’il y aura un avant et un après » cette audience. « Nous sommes en train de poser les règles de ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas » sur les réseaux sociaux, a-t-il estimé.


Enzo K. est le premier à passer sous le feu des questions du tribunal. Costume bleu foncé sur le dos, le jeune homme âgé de 21 ans concède une « connerie » à l’écoute des faits qui lui sont reprochés. Le 15 novembre 2020, ce jeune « twitto » repère le nom de Mila en « TT », c’est-à-dire en « top tweets » ou « tendances » sur le réseau social. Il publie alors ce message à ses abonnés : « Tu mérites de te faire égorger (…). Et enlèves ta croix au passage, tu n’en es pas digne sale grosse pute ». « Je me suis mal exprimé, je regrette vraiment. Mila elle était dans son droit », reconnaît aujourd’hui celui qui se définit comme « chrétien » et qui a tenu à s’excuser directement auprès de la lycéenne placée sous protection policière.


Pierre R. a lui expliqué avoir appelé à « faire sauter » Mila en réaction à ses propos contre les musulmans. « Mais elle n’a jamais parlé des musulmans, rappelle Richard Malka, elle a parlé d’une religion, c’est quand même très différent (…). C’était pas compliqué de savoir de quoi on parlait (…). Il suffisait d’aller sur la fiche Wikipédia de l’affaire Mila ».

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