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Bygmalion: d'anciens dirigeants confirment la fausse facturation de la campagne de Sarkozy

Au procès Bygmalion, le cofondateur de l'agence qui a organisé les meetings de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 a raconté jeudi au tribunal le "tabou" du système des doubles factures pour masquer les dépenses excessives, puis la "délivrance" des révélations.

AFP

Depuis mardi, le tribunal a entendu trois des quatre ex-cadres de Bygmalion qui comparaissent pour la fraude, aux côtés d'anciens membres de l'équipe de campagne et de l'UMP (devenu Les Républicains). L'ancien chef de l'Etat, jugé uniquement pour "financement illégal de campagne", n'est pas présent à l'audience.


Sébastien Borivent et Guy Alvès ont reconnu, jeudi, avoir accepté de maquiller les frais de meetings du président candidat en 2012 en les facturant à l’UMP, pour dissimuler le dépassement du plafond des dépenses de campagne.


Après Franck Attal, mercredi, Sébastien Borivent et Guy Alvès ont imposé cette évidence, jeudi 27 mai, devant le tribunal correctionnel de Paris qui les juge, parmi une dizaine d’autres prévenus, dans l’affaire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Il faut croire que ça leur fait du bien aussi. Vus des bancs du public, ils ont offert pendant leur interrogatoire une forme de sincérité apaisée.

Tour à tour, Franck Attal (qui a organisé les meetings), Sébastien Borivent, son supérieur hiérarchique, et Guy Alvès, co-fondateur de Bygmalion, racontent la même version.


Les meetings qui s'accélèrent et l'équipe Sarkozy qui en veut toujours plus, puis la folle demande de l'UMP : le plafond de dépenses autorisé va exploser, il va falloir facturer le parti.


A Bygmalion, le président Bastien Millot, très proche du patron de l'UMP Jean-François Copé, donne son "feu vert", assurent-ils tous à la barre. M. Millot, lui, regarde le sol. Il a toujours soutenu qu'il ne savait rien.


L'UMP, "c'est son client", insiste Guy Alvès, qui ne veut pourtant pas se défausser. "J'ai accepté. J'étais conscient que c'était illégal. Je l'ai fait et je l'assume", clame-t-il de son débit rapide qui monte parfois dans les aigus.


"On n'avait pas le choix. Si je dis +non+, ma boîte est morte et je mets au tapis 40 collaborateurs". Et puis, quelle voie de recours ? "Je ne vois pas le président-candidat m'appeler pour s'excuser et me demander à quel ordre il met le chèque !".


La présidente Caroline Viguier s'étonne de la facilité avec laquelle la fraude a été acceptée.


"On a l'impression que ce passage de "ligne jaune" comme vous dites, ne suscite que très peu de réaction".


Tout de même, rappelle-t-elle, on parle de dépenses de campagne qui se seraient élevées à au moins 42,8 millions d'euros, près du double du plafond légal autorisé. Pour Bygmalion, c'est 80% de la facture - 16 sur 20 millions - qui disparaîtra des comptes et sera facturé à l'UMP sous couvert de conventions fictives.

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