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Bygmalion : l'ex-président Sarkozy en danger devant les juges ce jeudi


L'ancien président est soupçonné d'avoir laissé filer ses comptes de campagnes de la présidentielle de 2012 au-delà de leur plafond légal, malgré les remarques des experts-comptables.

AFP/Eric FEFERBERG

Après avoir été condamné en mars dernier à de la prison ferme, une première pour un ancien président, pour corruption et trafic d'influence dans le dossier dit des "écoutes", Nicolas Sarkozy a de nouveau rendez-vous avec les juges à partir de jeudi 20 mai à Paris dans le dossier Bygmalion. Le procès, qui aurait dû commencer le 17 mars, avait dû être ajourné en raison de l'hospitalisation de l'avocat de Jérôme Lavrilleux, ex-directeur adjoint de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy, l'un des 14 prévenus de ce procès prévu pour durer jusqu'au 22 juin.


L'affaire a éclaté en mai 2014 avec le témoignage télévisé de Jérôme Lavrilleux

En larmes, ce proche de Jean-François Copé, révèle avoir participé à un système de double comptabilité et de fausses factures mis en place pour dissimuler les dépassements du plafond autorisé des comptes de campagne du candidat. Selon l'accusation, les dépenses de la campagne du candidat Sarkozy se sont élevées à "au moins 42,8 millions d'euros", bien au-delà du plafond légal autorisé (22,5 millions d'euros pour le deuxième tour).

Qui a orchestré le financement frauduleux, qui en a bénéficié, qui savait?

Pour l'accusation, l'ancien président "a incontestablement bénéficié" du système de fausses factures qui lui a permis de disposer pour la campagne de moyens "bien supérieurs à ce que la loi autorisait". L'enquête n'a toutefois pas établi que le chef de l'Etat avait décidé de la mise en place du système, ni qu'il y avait participé ou même en avait été informé. Il est reproché au candidat Sarkozy de ne pas avoir tenu compte de deux alertes alarmantes des experts-comptables pendant sa campagne, en mars et avril 2012.


Seul un des juges d'instruction, Serge Tournaire, a signé l'ordonnance de renvoi. L'autre juge en charge du dossier, Renaud Van Ruymbeke, a estimé que les charges contre l'ancien président étaient insuffisantes et s'est désolidarisé de son collègue.


Les 13 autres prévenus sont d'anciens cadres de l'Union pour un mouvement populaire (UMP, devenue Les Républicains, partie civile au procès), des responsables de la campagne de 2012 et des dirigeants de Bygmalion, la société d'événementiel chargée d'organiser les meetings du candidat Sarkozy via sa filiale Event and Cie. Ils comparaissent pour faux et usage de faux, abus de confiance, escroquerie et financement illégal de campagne électorale, et complicité ou recel de ces délits.

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