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Cédric Jubillar a été mis en examen, vendredi 18 juin, pour "homicide volontaire par conjoint"

Cédric Jubillar a été inculpé pour "meurtre aggravé", vendredi 18 juin.

Cédric Jubillar le 12 juin 2021 lors d’une marche blanche organisée à Albi en souvenir de son épouse. (©MaxPPP)

Le magistrat a décrit l'avancée de l'enquête en énonçant les éléments rassemblés à ce jour, qui ont conduit "aux développements les plus récents" et à la mise en examen du premier suspect de l'affaire. Le mari de l'infirmière du Tarn avait été déféré dans la matinée devant un juge d'instruction au palais de justice de Toulouse au terme de 48 heures de garde à vue.


Selon le procureur, la disparition de Delphine Jubillar ne peut être considérée comme volontaire et est apparue très vite comme "inquiétante". "Il n'est pas normal qu'une mère de famille disparaisse en pleine nuit, en plein mois de décembre, en plein confinement", a-t-il estimé. Surtout au vu des "conditions climatiques" hivernales en ce soir du 15 au 16 décembre, a-t-il précisé.


Toujour selon le procureur, Cédric Jubillar, confronté à ces éléments, a assuré que la séparation "se passait de manière non conflictuelle", "qu'ils s'étaient rapprochés dernièrement" et qu'ils avaient encore des "échanges réguliers". L'homme a dans un premier temps affirmé qu'il "ignorait que son épouse voulait le quitter pour un autre", mais les investigations ont permis de conclure que ses déclarations étaient "complètement mensongères".

Le procureur est ensuite revenu sur le déroulé de la nuit au cours de laquelle Cédric Jubillar a prévenu les gendarmes de la disparition de son épouse. Il soutient qu'"il n'y a pas eu de dispute" ce soir-là, "qu'ils sont allés se coucher et qu'il s'est réveillé", découvrant que Delphine s'était volatilisée.


Le procureur a aussi insisté sur le comportement surprenant de Cédric Jubillar dans la nuit du 15 au 16 décembre. Il s'est ainsi écoulé 16 minutes entre le moment où il dit avoir constaté la disparition de sa femme et son appel à la gendarmerie : "Il va faire très, très vite", a souligné le procureur, en précisant que dans ce laps de temps, aucun ami proche ou membre de la famille n'a été contacté par Cédric Jubillar.


Jean-Baptiste Alary, l'avocat du mis en cause, estime que la justice manque de "preuves réelles" contre son client.

"Ce sont les indices graves ou concordants qui conduisent à des mises en examen. Au niveau des indices, c’est assez pauvre. Je suis attaché à la présomption d’innocence et tant qu’on n’a pas apporté de preuves réelles, le mis en cause demeure innocent", a réagi Me Alary devant le palais de justice de Toulouse.


Et de poursuivre : "C’est juridiquement incohérent. Le dernier scenario proposé à monsieur Jubillar par les enquêteurs [lors de la garde à vue, ndlr] est une dispute qui a mal tourné et, quelques heures plus tard devant le juge, on dit que c’est un meurtre aggravé. L’incohérence est assez massive". D'après lui, "la manière dont la garde à vue s’est déroulée, c’était un moyen de pression psychologique pour le faire craquer. Ça n’a pas fonctionné car, peut-être, tout simplement, ses dénégations sont réelles. C’est une possibilité à laquelle les magistrats ont été insensibles, comme les enquêteurs".


Placé sous mandat de dépôt, Cédric Jubillar conteste les faits qui lui sont reprochés, "y compris dans la qualification actuelle", souligne le procureur. "Cette instruction va s'attacher à poursuivre les recherches, à étayer ces éléments sous la direction des juges d'instruction qui auront à s'attacher à la personnalité de Cédric Jubillar".

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