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Discuter avec une personne qui est en train de rêver est possible

Quatre groupes de chercheurs sont parvenus à communiquer dans les deux sens avec des rêveurs lucides. Une fois sur cinq, ceux-là ont répondu de façon correcte à des questions précises.


Sommes-nous complètement coupés du monde pendant notre sommeil, réellement absents à nous-mêmes et aux autres, sans possibilité de communiquer avec notre environnement ? Des travaux de recherche ouvrent une brèche dans ce monde onirique du rêveur et proposent de nouvelles perspectives pour mieux décoder l'activité du cerveau lorsque nous tombons dans les bras de Morphée.


Lorsque nous rêvons, nous sommes à première vue coupés du monde, incapables de recevoir des informations de l'environnement et d'y répondre. Pour la première fois, une collaboration entre des chercheurs de l'Inserm, de l'AP-HP, de Sorbonne Université et du CNRS avec plusieurs groupes américains, allemands et néerlandais, montre qu'une communication à double-sens, de l'expérimentateur vers le rêveur et vice-versa, est possible au cours du rêve. Ces résultats, publiés dans Current Biology, ouvrent la voie à une meilleure compréhension scientifique du rêve et du sommeil.


Pour faire avancer la recherche, les scientifiques se sont donc tournés vers les « rêveurs lucides », des individus conscients de rêver lorsqu'ils rêvent et, pour certains, capables d'influer sur le scénario de leur rêve. Des études ont notamment montré que ces rêveurs étaient capables d'informer de leur lucidité et donc du début et de la fin d'une tâche prédéfinie réalisée en rêve (par exemple, retenir sa respiration), grâce à un code oculaire préalablement appris. Cette communication était cependant à sens unique, seul le rêveur étant à même d'envoyer un signal qu'il a conscience qu'il rêve.


Toutes les expériences ont été réalisées sur des « rêveurs lucides » : ils avaient conscience d’être en train de rêver, durant la phase de sommeil dit « paradoxal ». Une capacité plus ou moins répandue : si la moitié des personnes interrogées disent avoir fait au moins un rêve lucide dans leur vie, moins de 0,5 % en fait au moins un par semaine (il est cependant possible de s’y entraîner).


Au total, 36 rêveurs lucides ont participé à ce travail : 22 aux Etats-Unis, 10 en Allemagne, 3 aux Pays-Bas, 1 en France. Le patient français aura pour sa part vu 65 expériences être réalisées sur lui, sur un total de 158 pour les quatre groupes. Le patient en question avait pour particularité d’être atteint de narcolepsie, une maladie chronique rare qui se traduit par des endormissements irrépressibles à tout moment de la journée.


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