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Judo : Clarisse Agbegnenou championne du monde pour la 5e fois

La Française, qui concourt dans la catégorie des moins de 63 kg, décroche ainsi son quatrième titre mondial d’affilée, à quelques semaines des Jeux olympiques de Tokyo.

CREDIT : ATTILA KISBENEDEK / AFP

Elle s’approche des records historiques internationaux. La Française Clarisse Agbegnenou a remporté ce mercredi 9 juin son cinquième titre mondial, le quatrième d’affilée, en battant la Slovène Andreja Leski par ippon en finale des Championnats du monde de Budapest dans la catégorie des -63 kg.

Agbegnenou sera en lice cet été lors des Jeux Olympiques de Tokyo où elle visera la médaille d’or qui manque à son immense palmarès. “Je me suis dit que je ne savais pas si je l’aurais, cette médaille à Tokyo. Alors je me suis dit que j’allais déjà aller chercher la cinquième”, a-t-elle raconté après sa victoire.


Déjà sacrée lors des Mondiaux 2014, 2017, 2018 et 2019, Agbegnenou (28 ans) n’est désormais plus très loin des trois judokates les plus titrées de l’histoire des championnats du monde: la Japonaise Ryoko Tani, la Chinoise Wen Tong (sept titres chacune) et la Belge Ingrid Berghmans (six).

Au plan français, elle dépasse aussi au palmarès David Douillet et ses quatre titres mondiaux, mais reste derrière Teddy Riner et ses incroyables 10 médailles d’or. “Je suis fière de ce que je fais et de cette année qui est dure pour moi”, a-t-elle expliqué, parlant du report des JO, son obsession, comme d’un “coup de massue”.



Cette jeune femme de 28 ans, a pourtant mal commencé dans la vie. Elle est née avec son frère jumeau, grande prématurée à 7 mois. Elle ne respirait pas, elle avait des reins qui ne fonctionnaient pas. Elle est restée plusieurs jours dans le coma. Clarisse est une femme engagée. Elle connaît les désagréments que les règles peuvent causer en compétition, d’autant que le sport qu’elle pratique impose une tenue particulièrement sensible aux tâches. Pour éviter ce stress, elle s’est donc engagée contre le tabou des règles dans le sport. Son projet ? S'associer à la marque Réjeanne, qui fabrique des culottes menstruelles.


Remplaçant tampons et serviettes, elles sont une alternative écolo et pratique pour être tranquille même pendant une compétition. La judokate a travaillé sur des modèles qui visent à "redonner confiance aux femmes" et incitent à "croire en soi", dit-elle. "J’avais envie de produits qui permettent de faire du sport et de rester féminine, ce n’est pas parce qu’on a nos règles qu’il faut mettre des grosses culottes. On peut être sexy et rester une femme, même pendant le cycle menstruel !",confie au Parisien la championne, plutôt cash : "Combien de fois pendant les entraînements j’ai dû aller aux toilettes pour me changer, par peur des taches sur mon kimono blanc… "