• fautquonenparle

Pegasus : Emmanuel Macron parmi les cibles du Maroc

« Nous regardons ce sujet de très près ». La réponse du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à une journaliste lui demandant si le téléphone d’Emmanuel Macron avait été « compromis » dans l’affaire Pegasus

AFP

C’est un président ultra connecté. Emmanuel Macron possède plusieurs téléphones, sur lesquels il a installé des applications de messagerie comme Telegram, pour échanger avec ses proches ou des journalistes. A-t-il commis une imprudence en n’écoutant pas suffisamment les recommandations de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ou de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) qui préconisent au chef de l’État de privilégier la ligne ultrasécurisée des téléphones Teorem ou Cryptosmart de l’Elysée pour communiquer ? Sans doute.

En mars 2019, une agence de renseignement du Maroc, cliente de la société NSO et utilisatrice de son redoutable outil d’espionnage Pegasus, a entré l’un des numéros du chef de l’Etat français dans son logiciel espion. Un numéro qui, même s'il avait "fuité" entre les deux tours de la présidentielle de 2017 avec les "Macronleaks", continuait à être utilisé par Emmanuel Macron une fois à l'Elysée.


Si la technologie NSO utilisée par le Maroc est très sophistiquée, l’objectif, lui, est simple : pénétrer dans le téléphone du président français, récolter les données qui s’y trouvent, avoir accès aux conversations et même, peut-être, activer le micro ou la caméra du chef de l’État. Bref : espionner le président d’un pays "ami" sans être repéré. Le Maroc est-il parvenu à infecter l’un des portables du président français ? Nous l’ignorons car nous n’avons pas fait expertiser le téléphone du président dont le numéro a été sélectionné par le Maroc en vue d’une potentielle infection par Pegasus.


Reconnaissant que les faits sont « très graves » s’ils sont « avérés », l’Elysée veut d’abord « que toute la lumière soit faite ». Pour l’instant, l’exécutif s’en tient au strict minimum dans ses commentaires, rares et laconiques. Interrogé à l’Assemblée nationale mardi après-midi, Jean Castex a répondu que les autorités avaient « ordonné des investigations qui n’ont pas abouti »… sans convaincre tous les parlementaires. « C’est limite choquant, j’espère que les renseignements français n’apprennent pas les choses en lisant la presse.


Quoi qu’il en soit, ces révélations pourraient nuire aux relations diplomatiques entre les deux pays. « Il est probable qu’elles conduisent le gouvernement français à revoir sa politique étrangère à l’égard des pays considérés comme suspects d’espionnage », pointe le journaliste Vincent Nouzille


Pegasus, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire. « Il permet de lire 100 % des messages écrits par SMS, sur WhatsApp, sur Telegram », précise l’ancien secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi. 50 000 personnalités du monde entier, dont 1000 en France, seraient concernées.

#macron #pegasus #espionnage #macroc #france #actualites #actus #infos #news #debat #radio #fqep