• fautquonenparle

Pegasus: plus de 1000 téléphones Français ciblés par un logiciel espion !

C’est sans doute l’affaire de cyber espionnage la plus importante depuis l’affaire Snowden. En 2013, le lanceur d'alerte Edward Snowden révélait que les Etats-Unis avaient mis en place un système de surveillance mondialisé de données.

Forbidden Stories

Plus de 180 journalistes figurent dans cette liste. Mais aussi treize chefs d’État, des politiques, des militants des droits de l’homme.


Le logiciel espion porte le nom de Pegasus. Il n’est commercialisé qu’auprès d’États ou d’agences gouvernementales, avec l’aval du gouvernement israélien, par une société baptisée NSO.

Officiellement, il a pour but d’aider les services de renseignement à lutter contre la criminalité. Pegasus pénètre dans les smartphones, qu’ils fonctionnement sous le système d'exploitation d'Apple, iOS (y compris dans sa dernière version) ou celui de Google, Android. Il a ensuite accès à tout : contacts, photos, mots de passe. Il peut lire les emails, suivre les conversations, même sur les messageries chiffrées, géolocaliser l’appareil, et activer micros et caméras pour transformer le smartphone en véritable mouchard.


En octobre 2019, NSO avait déjà été fragilisé pour avoir rendu possible le piratage de 1 400 téléphones, en exploitant une vulnérabilité de la messagerie chiffrée WhatsApp. En réponse aux questions que nous lui avons adressées, NSO réaffirme qu’il a pour mission de sauver des vies. "Nous assurons cette mission avec détermination, en dépit de tentatives répétées de nous discréditer sur la base de fausses informations", explique le groupe. Dans sa réponse, la société ajoute : "NSO Group continuera d’enquêter sur toute allégation de mauvais usage (de Pégasus), et nous prendrons des décisions en fonction des résultats de ces enquêtes. Cela peut aller jusqu’à fermer l’accès de notre système à nos clients … Ce que nous avons déjà fait par le passé de nombreuses fois, et que nous n’hésiterons pas à refaire si nécessaire".


Quel est le point commun entre Edwy Plenel, fondateur du site d’investigation Mediapart, et Eric Zemmour, le polémiste de CNews et du Figaro ? Rien, à première vue. Sauf que tous les deux ont été à la même période sélectionnés comme cibles par les services de renseignement marocains, en vue d’une possible infection de leur téléphone par le puissant logiciel espion Pegasus.

En fait, les numéros de très nombreux journalistes français, du Monde, de France Télévisions, de France 24, etc, sont apparus sur une liste de cibles potentielles, alors même que certains de nos confrères n’avaient jamais traités de sujets liés au Maroc.

Dans une apparente frénésie, les autorités marocaines ont même sélectionné des numéros de téléphone fixe de journalistes de nos confrères de Radio France, alors que la technologie Pegasus ne fonctionne que sur les smartphones.


Le numéro de Rosa Moussaoui, grand reporter à L’Humanité, qui a enquêté sur le cas d’Omar Radi, a lui aussi été sélectionné pour une éventuelle infection par Pegasus. La journaliste est sous le choc.

"C'est une forme d’intrusion dans le travail d’un journaliste d’une violence inouïe. C’est comme si j’avais été cambriolée, c’est une violation de l’intime."


Pour Edwy Plenel, Rabat a certainement cherché à travers lui à toucher l’un des derniers lieux du journalisme indépendant du royaume. "On ne peut pas accepter qu'un pays considéré comme ami espionne des journalistes, des directeurs de journaux, et utilise cet espionnage pour réprimer ses propres journalistes et dans des conditions effroyables", juge le directeur de Mediapart, qui entend donner des suites judiciaires à cette affaire.

#Pegasus #maroc #journalisme #france #actualites #actus #infos #news #debat #radio #fqep