38 millions d’actifs et de retraités doivent percevoir de l’État d’ici début 2022 une indemnité inflation de 100 €. Mais qui va vraiment la toucher ? Et qui va la verser ?

CREDIT : Handicap.fr / E. Dal’Secco

Cette indemnité de 100 €, qui sera accordée une seule fois par l’État d’ici début 2022, est destinée à compenser notamment la hausse du carburant.

Quels salariés sont-ils concernés ?
Ceux qui étaient titulaires d’un contrat de travail en octobre 2021. Le Gouvernement a confié le versement aux employeurs, sur la paie de décembre (ou janvier). Ils devront prendre compte la rémunération brute (avant cotisations et impôts), versée à leurs salariés de janvier à octobre 2021.

Les bénéficiaires de la prime seront ceux qui ont touché moins de 26 000 € bruts sur ces dix mois. Soit 2 600 € bruts par mois en moyenne », ​écrit le Gouvernement dans le PLFR. En déduisant un taux moyen de charges de 21 %, on parvient à un plafond autour de 2 054 € mensuels nets en moyenne. Les salariés sous ce seuil devraient donc toucher la prime.

Mais ce mode de calcul est controversé. Il est inégalitaire, ​critique Éric Chevée, de la Confédération des PME. Un salarié qui a eu, entre janvier et octobre, une avance de treizième mois ou bien les 1 000 € de la prime Macron, pourra être défavorisé par rapport à un autre, qui touchera ces mêmes montants en décembre.​À noter que le mode de calcul est identique pour les agents publics.

Qui versera la prime si un salarié a eu plusieurs employeurs en octobre ?
C’est le point le plus complexe de la réforme, ​confie Emmanuel Prévost, qui représente les éditeurs de paie. Chaque bénéficiaire ne peut percevoir l’indemnité qu’une seule fois. Il reviendrait donc au salarié de solliciter la prime auprès de l’employeur chez qui il a accompli le plus grand nombre d’heures. ​

Et il devrait informer les autres employeurs, afin de ne pas recevoir de double versement », ​complète le dossier de presse de la prime inflation. Mais si un salarié touche, quand même, la prime plusieurs fois ? L’État nous a garanti que les contentieux éventuels ne concerneraient pas les employeurs​, assure Eric Chevée. Nous, on verse la prime, on la déduit de nos charges en janvier et c’est tout.

Quelles conditions pour les retraités ?
Seront éligibles ceux dont les revenus (pension de base et complémentaire) n’excèdent pas 2 000 € nets », ​indique le PLFR. Cette condition sera appréciée sur la base de la pension d’octobre 2021 », ​précise le dossier de presse. L’aide sera versée par les caisses de retraite «en février 2022​.

Qu’en est-il des indépendants ?
L’aide sera appréciée en fonction de leurs revenus 2020, déclarés au fisc en mai 2021. S’ils sont inférieurs à 24 000 € nets annuels (2 000 € nets par mois), la prime sera versée par l’Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) ou la Mutualité sociale agricole (MSA). Les indépendants qui ont créé leur activité en 2021 y auront aussi droit, mais les documents sont moins clairs sur les conditions.

Pour les jeunes de 16 ans et plus ?
La prime sera versée aux étudiants boursiers (par le Crous, centre régional des œuvres universitaires et scolaires), mais aussi aux non-boursiers percevant une aide au logement (par la CAF, caisse d’allocations familiales). Les jeunes en activité en octobre (salariés, apprentis, stagiaires) recevront, eux, l’indemnité de leur employeur.

Et les bénéficiaires de prestations sociales ?
La prime leur sera versée par la Sécurité sociale. Quant aux demandeurs d’emploi touchant moins de 2 000 € d’allocation, ils l’obtiendront de Pôle emploi (ou de leur employeur en cas d’activité réduite).