Une combinaison de deux antirétroviraux (cabotégravir, et rilpivirine), qui a reçu une autorisation de mise sur le marché au printemps, sera bientôt disponible en France et permettra d’être traité pour le VIH une fois tous les deux mois au lieu du cachet quotidien.

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Déjà disponible aux États-Unis et au Canada, la combinaison de deux antirétroviraux contre le Sida (le Cabotégravir et le Rilpivirine) a reçu au printemps l’autorisation de mise sur le marché européen. Une bonne nouvelle pour tous les patients atteints du VIH ! La Haute autorité de santé estime que le traitement sera disponible à la fin de l’année ou début 2022, le temps que l’Assurance maladie règle la question du remboursement. Le traitement permet d’abandonner le cachet quotidien, pour une piqûre tous les deux mois, une dans chaque fesse, les deux traitements ne devant pas être mélangés.

Les trois premières séances devront avoir lieu à l’hôpital, par la suite le patient ira chercher son traitement en officine et cela pourra se faire à domicile, avec une infirmière.

Tout patient VIH n’y sera pas forcément éligible, il faut réunir quelques conditions que nous décrit le Professeur Jean-Michel Molina, chef du service d’infectiologie de l’hôpital Saint Louis à Paris: « Le traitement ne s’adresse qu’aux patients qui sont bien contrôlés et depuis un certain temps, avec un traitement par voie orale, qui n’ont pas de mutation de résistance à ces médicaments_, pas de co-infection par le virus de l’hépatite B, et ça s’adresse aussi à certains sous-types de virus, donc il faut bien sélectionner les patients éligibles pour ne pas se retrouver en échec, mais ça va concerner beaucoup de malades car plus de 90% des patients VIH qui prennent bien leurs médicaments aujourd’hui sont bien contrôlés, c’est a dire avec une charge virale indétectable dans le plasma. Après, tous les patients n’ont voudront peut-être pas, mais on sait par exemple que des patients qui voyagent beaucoup par exemple vont être demandeurs car ça va grandement leur faciliter la vie, c’est une option en plus ».

Cette solution pourrait n’être que la première d’une série de formulations à action longue. Chez ViiV Healthcare, comprimés à libération prolongée, auto-injecteurs ou encore implants sont à l’étude. Des formulations longues pourraient aussi être rapidement utilisées dans une stratégie de prévention de l’infection au VIH. Le cabotégravir à injections bimestrielles fait actuellement l’objet d’une évaluation prioritaire par la FDA dans une indication de pré-exposition (PrEP) : la décision est attendue pour fin janvier prochain. Et la concurrence n’est pas en reste : le lénacapavir de Gilead est en cours d’examen par l’EMA, en formulation injectable sous-cutanée à administrer tous les six mois, en association avec un ou plusieurs autres antirétroviraux, cette fois chez des patients porteurs du VIH multirésistants en échec de traitement.