L’absence présidentielle ne passe pas. Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné mardi 19 octobre l’audition de Nicolas Sarkozy comme témoin au procès des sondages de l’Elysée.

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Le chef de l’Etat n’est pas poursuivi dans ce dossier, en raison de l’immunité présidentielle qui couvre les actes accomplis lorsqu’il était en poste à l’Elysée.
Mais il fait l’objet d’un mandat d’amener.

Le tribunal a livré un mandat d’amener à l’encontre de Nicolas Sarkozy, ce qui signifie que “l’ordre est donné à la force publique de conduire immédiatement devant lui la personne à l’encontre de laquelle il est décerné”, selon l’article 122 du Code de procédure pénale. Autrement dit, même s’il n’est pas poursuivi, le président sera obligé de venir témoigner.

Interrogé par l’AFP sur cette décision, l’entourage de ce dernier n’a pas souhaité s’exprimer “à ce stade”. Son avocat n’était pas joignable en début d’après-midi.

Cité au procès par l’association Anticor, partie civile, l’ex-chef d’Etat avait indiqué dans une lettre qu’il n’entendait pas venir témoigner. Le tribunal a cependant “ordonné que ce témoin soit amené devant lui par la force publique pour qu’il soit entendu le 2 novembre”. Le tribunal “considère qu’il résulte de l’ordonnance dont il est saisi que le témoignage de Nicolas Sarkozy est effectivement (…) nécessaire à la manifestation de la vérité” et qu’il est “susceptible d’avoir une influence sur les faits reprochés aux prévenus”, a souligné le président.

Lundi, au premier jour du procès, l’ex-président était absent et sa présence était au cœur des deux heures de débats de procédure. “Son témoignage est indispensable pour comprendre” [le] “système” alors en vigueur à l’Elysée, a plaidé Jérôme Karsenti, l’avocat de l’association Anticor.

Protégé dans ce dossier par l’immunité pénale garantie par la Constitution, l’ancien président n’a jamais été poursuivi ni entendu et il a fait savoir, dans une lettre lue par le président du tribunal, qu’il “n’entendait nullement déférer à cette convocation”.