En réponse à la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, la Chine a tiré des projectiles non identifiés vers le détroit de l’île, peu après y avoir lancé de grandes manœuvres militaires.

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Carte de Taiwan — CREDIT : FFM

L’armée chinoise a tiré jeudi 4 août 2022 des projectiles non identifiés vers le détroit de Taïwan. Ces manœuvres, les plus grandes jamais organisées autour de ce territoire revendiqué par Pékin, surviennent après la visite de l’élue américaine Nancy Pelosi sur l’île. L’armée taïwanaise a aussitôt dit « se préparer à la guerre sans chercher la guerre ».

Si son déplacement sur ce territoire revendiqué par la Chine a duré moins de 24 heures, Nancy Pelosi a déclenché la fureur de Pékin en étant la plus haute responsable américaine élue à se rendre à Taipei en 25 ans. Elle a martelé que les Etats-Unis n’abandonneraient pas l’île, dirigée par un régime démocratique et qui vit sous la menace constante d’une invasion par l’armée chinoise.

L’armée chinoise a tiré jeudi 4 août 2022 des projectiles non identifiés vers le détroit de Taïwan, ont constaté des journalistes de l’AFP, peu de temps après le début d’importants exercices militaires tout autour de l’île revendiquée par Pékin. Une réponse musclée à la visite de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi sur l’île. Ces exercices auront lieu dans toute une série de zones encerclant Taïwan – parfois à seulement 20 kilomètres des côtes taïwanaises – et dureront jusqu’à dimanche midi.

Les autorités taïwanaises ont signalé mercredi que vingt-sept nouveaux avions militaires chinois – après les vingt et un déjà signalés dans la nuit de mardi à mercredi – avaient pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne de l’île – elle est bien plus large que son espace aérien, et non exclusive.

La Chine estime que Taïwan, avec ses vingt-trois millions d’habitants, est l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à rattacher au reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949). Opposé à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres pays.

Pour Pékin, ces exercices – ainsi que d’autres, plus limités, démarrés ces derniers jours – sont « une mesure nécessaire et légitime » après la visite de Nancy Pelosi. « Ce sont les Etats-Unis qui sont les provocateurs, et la Chine qui est la victime. Ces exercices visent à simuler un « blocus » de l’île, d’après l’agence officielle Chine Nouvelle.

À Pingtan, une île chinoise située près des manœuvres en cours, les reporters ont vu plusieurs projectiles tirés à proximité d’installations militaires s’envoler dans le ciel vers la mer, suivis de panaches de fumée blanche.