Six ans et demi plus tard, le chanteur Jesse Hughes et l’ancien guitariste du groupe, Eden Galindo, ont témoigné au procès des attentats qui ont fait 130 morts ce soir-là, dont 90 dans la salle de concert.

Nos contenus vous plaisent ? Soutenez notre duo de journalistes passionnés en regardant une courte publicité !

La BATACLAN  – CREDIT : Wikimedias Marc Baronnet

Allure et aura de rock star, le guitariste et le chanteur des Eagles of Death Metal, qui avaient fait salle comble le 13 novembre 2015, sont venus de Californie pour raconter – brièvement, moins de dix minutes chacun, comment cette soirée joyeuse, « on était plus qu’heureux de jouer à Paris, on adore Paris » – a viré au cauchemar.

À la barre, les Eagles of Death Metal rendent hommage à leurs « 90 amis » morts au Bataclan.

Quand les premiers tirs des terroristes résonnent, le musicien pense d’abord à une « explosion du système son ». Il s’avance vers l’avant de la scène et voit son ami Jesse Hugues courir dans sa direction. « What the fuck is going on ? », lâche, incrédule, le guitariste.

Eden Galindo est alerté par Jesse Hughes, familier des coups de feu car « il vient d’une communauté vivant dans le désert de Californie » comme il le précisera lors de sa déposition, qu’il s’agit bien de tirs.

La panique gagne la scène. « On a tous couru sur le côté, poursuit-il. On pensait que ça allait s’arrêter mais ça a continué, ils ont commencé à tous tirer en même temps puis ils ont rechargé. Le technicien nous a dit : ‘La prochaine fois que ça s’arrête, on court’. »

« On a retrouvé des gens qui étaient au concert. Certains étaient couverts de sang. On a attendu là-bas longtemps et on ne savait pas si tous les membres du groupe étaient vivants ou morts », se remémore l’ex-guitariste américain.

Jesse Hughes cite le chanteur britannique de heavy metal Ozzy Osbourne : « You can’t kill rock’n roll. » (« Vous ne pouvez pas tuer le rock’n roll »).