Des mesures de visa visant la minorité serbe du Kosovo ont provoqué des conflits à la frontière. Sous la pression, le Kosovo a finalement reporté l’application de cette nouvelle mesure.

Nos contenus vous plaisent ? Soutenez notre duo de journalistes passionnés en regardant une courte publicité !

Carte du Kosovo – CREDIT : Wikimédia Commons

La tension est monté d’un cran entre la Serbie et le Kosovo. La police kosovare a reçu des coups de feu. Ces heurts interviennent plusieurs mois après d’intenses manifestations contre la politique frontalière du gouvernement kosovar.

Mais suite à la montée des tensions, le Kosovo temporise. Le gouvernement a décidé, dimanche 31 juillet, de reporter d’un mois l’entrée en vigueur des nouvelles règles frontalières avec la Serbie qui devaient être appliquées à partir de lundi. Les nouvelles règles prévoient que toute personne entrant au Kosovo avec une carte d’identité serbe devait disposer d’un document temporaire pendant son séjour dans le pays. En plus de ça, Pristina avait donné deux mois aux Serbes du Kosovo pour remplacer les plaques d’immatriculation serbes de leurs véhicules par des plaques de la République du Kosovo soit 10 000 véhicules concernés.

Les 120 000 Serbes du Kosovo, dont environ un tiers vivent dans le Nord du territoire, ne reconnaissent pas l’autorité de Pristina et reste fidèles à Belgrade dont ils dépendent financièrement. Belgrade n’a jamais reconnu l’indépendance proclamée par le Kosovo en 2008, une décennie après une guerre sanglante qui fit 13 000 morts, en majorité des Kosovars albanais. Ce qui fait que la région est le théâtre de frictions épisodiques. Dans un discours à la nation, dimanche, le président serbe, Aleksandar Vucic, a déclaré que la situation au Kosovo n’avait « jamais été aussi complexe » pour la Serbie et les Serbes qui y vivent.

Les tensions entre Belgrade et Pristina sont toujours vives, mais la paix est maintenue au Kosovo par une mission de l’Otan, dont 3.770 soldats sont déployés dans le pays.