Le rein utilisé pour cette expérience provient d’un animal génétiquement modifié pour éviter un rejet immédiat des organes. Une première mondiale.

CREDIT : Joe Carrotta / NYU Langone Health / AFP

C’est une première mondiale qui pourrait changer la vie de nombreux patients en attente de transplantation. Une expérimentation a été menée à l’hôpital NYU Langone de New York, qui consistait à transplanter le rein d’un porc génétiquement modifié sur un humain. Durant deux jours et demi, le rein a bien fonctionné : il a produit de l’urine. Puis, le respirateur artificiel de cet homme en état de mort cérébrale a été arrêté, mettant fin à l’expérience. Si le rein n’a pas été à proprement parler implanté à l’intérieur du corps humain, il a été connecté aux vaisseaux sanguins de ce patient, dont la famille avait autorisé l’expérimentation, au niveau du haut de sa jambe.

Cette idée de greffes d’animal à humain – ou xénotransplantation – remonte au 17e siècle où des transfusions de sang animal étaient mises en œuvre. Trois siècles plus tard, les chirurgiens avaient réussi à maintenir en vie un nourrisson mourant pendant 21 jours, avec un cœur de babouin. Si le succès se confirme pour d’autres patients, les porcs pourraient bien un jour être élevés dans le but de fournir des organes aux humains qui en ont besoin : reins, poumons, mais aussi cœurs. En France, plus de 700 personnes sont mortes en 2019 sur les 26 000 en attente d’un organe, selon les données compilées par le collectif Greffes +, qui regroupe neuf associations de patients et de familles.