L’ONU tire la sonnette d’alarme. Ce vendredi 17 septembre, un rapport évaluant les engagements nationaux de 191 pays a montré que le monde se dirigeait vers un réchauffement «catastrophique» de +2,7 degrés.

Climat : vers un réchauffement de +2,7°C catastrophique

© Ekaterina Anisimova, AFP

A six semaines de la COP26, un rapport des Nations unies constate que, même s’ils étaient appliqués, les engagements actuels des Etats impliqueraient une « augmentation considérable » des émissions de CO2.

Les plans actuels des 196 pays qui doivent se réunir à Glasgow (Ecosse), du 31 octobre au 12 novembre, mettent la planète sur la trajectoire d’un réchauffement de 2,7 °C d’ici à la fin du siècle, loin de l’objectif de l’accord de Paris de le limiter bien en deçà de 2 °C, et si possible de 1,5 °C.

S’ils étaient appliqués, les engagements des Etats impliqueraient une « augmentation considérable » des émissions de gaz à effet de serre, de l’ordre de 16 % d’ici à 2030 par rapport à 2010. Un échec, alors que, pour garder une chance de ne pas dépasser 1,5 °C de réchauffement, les rejets carbonés devraient au contraire être réduits de 45 % durant cette période.

Un chiffre qui inquiète donc, alors que l’objectif espéré par l’Accord de Paris est de +1,5°C.

Pour le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, «l’échec à respecter cet objectif se mesurera à l’aune du nombre de morts et de moyens de subsistance détruits». En vertu de l’Accord de Paris, chaque pays devait réviser d’ici à fin 2020 sa «contribution déterminée au niveau national». Mais au 30 juillet, seuls 113 pays représentant moins de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre (49%) avaient effectivement déposé leurs engagements révisés.

«Nous devons agir, nous tous, nous devons agir maintenant», a déclaré de son côté le président américain Joe Biden au début d’un sommet virtuel avec neuf dirigeants étrangers. «Pour ceux qui ne l’ont pas fait, le temps presse», a-t-il ajouté, appelant à la «plus grande» ambition.

L’attention est notamment tournée vers la Chine, responsable de plus d’un quart des émissions mondiales de CO2. Le président Xi Jinping a annoncé il y a un an viser la neutralité carbone d’ici à 2060 et un pic d’émissions «autour de 2030», mais sans réviser sa NDC.

Ce jeudi, l’ONU publiait un nouveau rapport qui expliquait que limiter le réchauffement climatique mondial à 1,5°C était impossible sans une réduction immédiate et massive des émissions de gaz à effet de serre.