Facebook annonce, lundi 18 octobre, la création de 10 000 emplois dans l’Union européenne au cours des cinq prochaines années afin d’investir dans les nouveaux talents européens pour aider à construire le métavers.

Le siège européen de Facebook à Dublin, en Irlande. (Franck Lodi/Sipa)

L’annonce survient dans un contexte tendu pour l’entreprise californienne, après une série de pannes et les accusations d’une lanceuse d’alerte selon qui Facebook fait tout pour rendre les adolescents accros aux réseaux sociaux.

“Le métavers, c’est la nouvelle frontière de l’internet, le nouveau chapitre, une révolution aussi grande que l’internet mobile”, assure Laurent Solly, vice-président de Facebook en charge de l’Europe du Sud et PDG du groupe en France, lundi chez nos confrères de franceinfo. Le “métavers”, contraction de méta-univers (“metaverse” en anglais), est une sorte de doublure numérique du monde physique, accessible via internet. Un univers en ligne dans lequel les utilisateurs interagissent dans des espaces virtuels partagés

Laurent Solly ne s’est pas prononcé sur le nombre d’emplois créés en France parmi les 10 000 qui seront recrutés à l’échelle européenne : “On va faire la répartition dans les prochaines semaines, je n’ai pas encore le chiffre pour notre pays”, dit-il. Mais il a précisé les profils recherchés : “On va recruter des ingénieurs, certainement des chercheurs, des développeurs, des product managers qui vont participer à créer ce métavers, cet environnement virtuel où nous pourrons tous avoir des actions, des interactions sociales, des activités comme presque dans la vraie vie dans notre vie physique.”

L’industrie du jeu vous permet déjà de le faire, selon lui : “On a présenté il y a maintenant un mois un outil qui s’appelle Horizon Workrooms, où vous pouvez, en chaussant des lunettes de réalité virtuelle, avoir cette discussion qu’on a ce matin. Moi, je suis en France, vous pourriez être en Australie ou aux États-Unis, on serait ensemble dans la même pièce. Ce sont évidemment des technologies, un développement économique considérables qu’on est en train de mettre en œuvre”, explique-t-il.

Tout ça, Mark Zuckerberg veut en faire une réalité. Dans sa version du metaverse, explique-t-il, les utilisateurs pourront se «téléporter» du monde réel physique vers le virtuel. Et selon son grand manitou, Facebook sera devenu le nom d’une «entreprise du metaverse d’ici à cinq ans», plus que celui d’un réseau social. Autrement dit, en 2026, le monde IVL («in virtual life») n’aurait presque plus rien à envier à celui IRL («in real life»).

Le géant américain n’est pas le seul à parier sur ce monde virtuel. Epic Games, l’entreprise derrière Fortnite, a indiqué qu’une partie du milliard de dollars levé cette année auprès d’investisseurs institutionnels, dont Sony, serait consacrée au metaverse. Sur Decentraland, une plateforme en ligne considérée comme l’un des précurseurs du metaverse, il est ainsi désormais possible de décrocher un job de croupier dans un casino virtuel.