Alors que Tokyo 2020 passe le relais à Paris 2024 ce dimanche 8 août, quels enseignements sportifs tirer de ces Jeux Olympiques pour le moins particuliers ? Certains ont surpris, confirmé et d’autres ont déçu.

FAZRY ISMAIL /EPAMAXPPP

  • LES MEDAILLES

Le bilan

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CREDIT : Photo Christian Bruna/EPA

Avec 33 médailles, dont 10 en or, la France termine à la 8e place du classement général des nations.

Avec 10 titres olympiques, la France se situe dans la lignée des performances réalisées à Londres (11) ou à Rio (10). Mais les athlètes tricolores ont péniblement atteint le niveau des Jeux d’Athènes, en 2004, avec ces 33 podiums, soit le plus faible total depuis près de trente ans (29 médailles à Barcelone en 1992). Ce qui est assez loin de l’objectif d’une quarantaine de médailles évoqué Emmanuel Macron avant les JO.

Ce nombre de 33 médailles remportées cache un fait inédit: pour la première fois de l’histoire des Jeux, plus de 100 athlètes français rentrent du Japon avec une récompense en or, en argent ou en bronze dans les valises.

Selon les calculs du HuffPost, ils sont précisément 130 sur les 378 Bleus qui ont pris part à l’événement. Sept d’entre eux sont même doublement médaillés: les judokas Clarisse Agbégnénou (deux fois or), Amandine Buchard, Madeleine Malonga, Sarah-Léonie Cysique (or et argent), Romane Dicko, Teddy Riner (or et bronze) et l’escrimeuse Manon Brunet (argent et bronze).

Le coût

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CREDIT : Sportbusinness

Etre médaillé olympique, ça coute cher à l’Etat. Pour cette édition japonaise des JO, le montant avait été revu à la hausse par rapport à Rio. Un médaillé d’or touchera 65.000 euros (50.000 en 2016), un médaillé d’argent recevra 25.000 (20.000 en 2016) et un médaillé de bronze percevra 15.000 (13.000 en 2016). Des sommes qui ont été augmentées pour tenir compte de l’imposition qui est désormais la règle. En plus des sommes versées aux athlètes, les entraîneurs des médaillés recevront la moitié et les fédérations concernées toucheront 35.000 pour une médaille d’or, 15.000 pour l’argent et 8000 euros pour le bronze.

Ce sera donc 5.715.000 euros pour 137 médailles réparties entre 130 athlètes. Il y a en effet 64 champions olympiques (dont une double), 41 vice-champions et 31 médaillés de bronze.

  • LES DISCIPLINES

Les sports co à l’honneur

sport co

CREDIT : Fédération française de hand

Il y avait cinq équipes françaises de sports collectifs en salle à Tokyo et la France est repartie avec cinq médailles, dont trois titres. D’abord l’argent pour les basketteurs, puis le bronze pour leurs homologues féminines. Le handball s’est offert un doublé historique. Les handballeurs français ont décroché leur troisième titre olympique et les filles ont remporté, pour la toute première fois, l’or aux Jeux. Et puis l’exploit des volleyeurs. Presque éliminés en poules, les hommes de Laurent Tillie sont revenus de nulle part pour arracher l’or face à la Russie, pour leur toute première finale olympique. Un succès extraordinaire pour les sports collectifs. Sans oublier, cette fois, hors salle, les Bleues du rugby à 7, médaillées d’argent. Seul point négatif… Le foot.

La haute performance des judokas et des escrimeurs

judo

CREDIT : FRANCK FIFE / AFP

Les deux disciplines ont respectivement rapporté la première médaille à la France et le premier titre. C’est Luka Mkheidze, qui a remporté le bronze samedi 24 juillet dans la catégorie des -60 kg en judo, pour l’ouverture du bal. Le lendemain, l’inattendu Romain Cannone s’est hissé jusqu’en finale et jusqu’au sacre olympique à l’épée. Dans la toute nouvelle épreuve olympique mixte par équipes, c’est un véritable exploit du collectif français, qui s’est imposé dans l’antre du judo face à une équipe japonaise invaincue depuis 2017.Le judo rapporte ainsi 8 médailles, l’escrime 5.

Bonnes prestations pour ses sports

bonne note

CREDIT : L’équipe

Avec trois médailles remportées, comme au Brésil, la voile a rempli son contrat. Bien que Charline Picon n’ait pas réussi à conserver son titre en planche en voile, elle s’est toutefois octroyée l’argent, tout comme Thomas Goyard en planche à voile RS:X. Camille Lecointre, déjà troisième à Rio, a remporté une nouvelle fois le bronze en 470 avec sa coéquipière Aloïse Retornaz.

Favoris dans leurs disciplines, ils n’ont pas déçu : Hugo Boucheron et Matthieu Androdias en deux de couple en aviron et Jean Quiquampoix en tir rapide au pistolet à 25 m sont montés sur la plus haute marche du podium. La jeune taekwondoïste a mis la barre haut pour ses premiers Jeux. À seulement 19 ans, Althéa Laurin a empoché le bronze dans la catégorie des + de 67 kg.

Mauvaises prestations pour ces sports

equitation

CREDIT : EPA/MAXPPP

Un bilan catastrophique. Les chances étaient pourtant grandes en BMX : alors que trois des huit pilotes en finale portaient les couleurs françaises aucun n’a fini avec une médaille. Grosses désillusions également en VTT. Déception également sur le triathlon. Pourtant grand favori avec un sans-faute en 2020, le triathlète Vincent Luis visait un titre olympique. Mais le Français a dû se contenter d’une 13e place. La France est également ressortie K.O. de ces Jeux en lutte et en boxe.

Les nageurs ont coulé à Tokyo. Avec une seule médaille remportée, c’est le plus mauvais bilan sorti des bassins olympiques depuis Atlanta 1996, des Jeux lors desquels la délégation était repartie bredouille. Après le cru exceptionnel de 2016 (six médailles), l’athlétisme français a flanché. Seul Kevin Mayer est monté sur un podium.

Autre coup dur, en équitation cette fois. Au saut d’obstacles par équipe, les Français étaient premiers jusqu’au dernier passage de Pénélope Leprevost. Son cheval a refusé de sauter, et les Bleus ont terminé bien loin du podium, à la huitième place, eux qui étaient tenants du titre.

  • LES ATHLETES FRANCAIS

Clarisse Agbégnénou – Judo

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CREDIT : SERGIO PEREZ/REUTERS

Clarisse Agbégnénou a mis tout le monde d’accord. La porte-drapeau française a tout raflé en remportant deux titres olympiques, en moins de 63 kg, et dans la toute nouvelle épreuve olympique mixte par équipes.

Steven Da Costa – Karaté

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CREDIT : P. Lahalle/L’Équipe

En karaté, Steven Da Costa est devenu le premier karatéka médaillé dans cette discipline, qui ne figure pas au programme de Paris 2024. Le Français est sacré champion olympique en moins de 67 kg et a eu l’honneur de porter le drapeau tricolore lors de la cérémonie de cloture.

Romain Cannone – Escrime

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CREDIT : AFP – MOHD RASFAN

Le premier petit exploit olympique (et la première médaille d’or) est venu de l’escrime. Alors qu’il ne devait pas disputer les Jeux, Romain Cannone, invité de dernière minute de la délégation d’escrime, a créé la surprise, faisant tomber une à une les têtes de série. Jusqu’à décrocher le titre de champion olympique aux dépens du Hongrois Gergely Siklosi, numéro 1 mondial, champion du monde et grand favori.

Florent Manaudou – Natation

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CREDIT : REUTERS – CLODAGH KILCOYNE

Pari également réussi pour Florent Manaudou, vice-champion olympique du 50 m nage libre. Après deux ans et demi loin des bassins, le nageur de 30 ans est remonté sur un podium olympique pour la troisième fois sur cette distance (l’or en 2012 et argent en 2016).

Samir Ait Said – Gymnastique

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CREDIT : France infos

On retiendra aussi la cruelle quatrième place de Samir Aït-Saïd. Le gymnaste porte-drapeau, blessé au biceps, a fondu en larmes en finissant au pied du podium de l’épreuve des anneaux. Nouveau coup du sort pour celui qui avait déclaré forfait avant Londres en 2012 et qui s’était gravement blessé lors du tournoi olympique à Rio.

  • LES ATHLETES ETRANGERS

Simone Biles – Gymnastique

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CREDIT : AFP / Loïc Venance

Rayonnante à Rio avec quatre médailles d’or et une de bronze, splendide aux Mondiaux de Doha 2018 et de Stuttgart 2019, Simone Biles était attendue comme l’un des stars des Jeux de Tokyo. L’Américaine s’est distinguée d’une autre manière : en montrant aux yeux du monde combien la pression peut avoir des conséquences sur la santé mentale.

Victime de « perte de figures », phénomène semblable à un trou noir qui fait perdre aux gymnastes leurs repères dans l’espace, Simone Biles a préféré se retirer du concours général par équipes en cours, puis faire l’impasse sur les finales au saut, aux barres asymétriques et au sol.

Caeleb Dressel – Natation

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CREDIT : Getty Images

En 2016, il avait pris deux médailles d’or en relais mais était encore dans l’ombre du grand Michael Phelps. Aujourd’hui, Caeleb Dressel est le boss. Et il l’a montré à Tokyo de façon éclatante avec cinq médailles d’or.

Allyson Felix – Athlétisme

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CREDIT : REUTERS – PHIL NOBLE

La jeune sprinteuse de 18 ans en argent sur 200m à Athènes, en 2004, a bien grandi. Pour ses derniers Jeux olympiques, Allyson Felix, 35 ans, est entrée un peu plus dans la légende de l’athlétisme. Avec une médaille bronze sur 400m et une médaille d’or sur 4x400m, l’Américaine est devenue la femme la plus titrée des Jeux en athlétisme devant la Slovène Merlene Ottey et ses neuf breloques olympiques. Et elle a également dépassé l’illustre Carl Lewis et ses dix médailles (9 en or et une en argent).

Naomie Osaka – Tennis

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CREDIT : Getty Images

La championne de tennis japonaise Naomi Osaka, grande favorite de la compétition qui avait aussi fait part de problèmes mentaux durant Roland-Garros, a quant à elle quitté prématurément le tournoi olympique, éliminée sèchement en 8e de finale. De grands espoirs reposés sur elle : elle était la flamme olympique !

Quinn – Football

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CREDIT : Martin Bernetti, AFP

L’athlète Quinn est devenu le premier sportif transgenre et non-binaire à remporter une médaille aux JO. Iel a remporté, la finale du tournoi de football avec l’équipe du Canada, en battant la Suède aux tirs au but. Iel espère devenir un modèle pour plus de tolérance, tout comme l’haltérophile transgenre néo-zélandaise Laurel Hubbard.

  • LES MOMENTS FORTS DES JEUX

Cérémonie d’ouverture à huis clos

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CREDIT : Alvinet

Retardés d’un an en raison de la pandémie de Covid-19, les Jeux olympiques de Tokyo se sont ouverts, vendredi 23 juillet, après une cérémonie d’ouverture sobre, parfois grave, dans le contexte toujours pesant de la crise sanitaire. Les 206 délégations ont défilé sans public avant que la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka n’allume la vasque olympique.

Médaille partagée en saut en hauteur

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CREDIT : PICTURE ALLIANCE / PICTURE ALLIANCE

L’Italien Gianmarco Tamberi et le Qatari Mutaz Essa Barshim ont tous deux été sacrés champions olympiques de la hauteur. Ils ont été classés à égalité parfaite pour la médaille d’or. Ils avaient le choix entre partir dans une sorte de play-off pour désigner un vainqueur unique ou partager l’or. Ils ont opté pour la deuxième option, se tombant dans les bras devant le sautoir.

Krystsina Tsimanouskaya et une tentative de départ forcée

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CREDIT : Issei Kato / Reuters

Hors stade, l’affaire de la Biélorusse Krystsina Tsimanouskaya a choqué les esprits. Cette athlète a été menacée d’être rapatriée de force en Biélorussie, après avoir critiqué les instances sportives de son pays pendant les JO. Craignant de se retrouver en prison si elle rentrait dans son pays, elle a obtenu l’aide du Comité international olympique (CIO) et une protection policière alors qu’elle se trouvait à l’aéroport de Tokyo-Haneda. Elle s’est depuis réfugiée en Pologne, qui lui a accordé un visa humanitaire, et veut poursuivre sa carrière sportive. Le CIO a annoncé avoir retiré les accréditations de deux entraîneurs de la délégation biélorusse.

La fraîcheur du skate

skate

CREDIT : 20min

Le skate et ses ados ont fait souffler un vent de fraîcheur à Tokyo et ont boosté les audiences télé. À 13 ans, la Japonaise Momiji Nishiya est devenue la première championne olympique de l’histoire du skate féminin. Elle a devancé dans l’épreuve de “street” la Brésilienne Rayssa Leal (13 ans), deuxième, et la Japonaise Funa Nakayama (16 ans). Ce podium détient le record absolu de jeunesse aux Jeux olympiques (14 ans et 191 jours de moyenne d’âge). Malgré ce coup de jeune, la compétition a laissé une impression mitigée.