Elle avait été libérée il y a moins d’un an : l’ancienne otage française Sophie Pétronin, qui était restée près de quatre ans aux mains des djihadistes, est à nouveau recherchée.

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L’ancienne otage française, Sophie Pétronin est actuellement recherchée par les autorités maliennes. Cette Bordelaise de naissance avait été enlevée en 2016 par le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans(GSIM), affilié à al-Qaida, puis libérée en octobre 2020.

Malgré la pression des autorités françaises pour qu’elle n’obtienne pas de visa, Sophie Pétronin s’est lancée dans un long périple terrestre pour rejoindre sa fille adoptive, six mois seulement après avoir fait partie d’un échange impliquant la remise en liberté de plus de 200 combattants jihadistes.

Elle fait désormais l’objet d’un avis de recherche, diffusé par la direction générale de la gendarmerie malienne dans la soirée du vendredi 29 octobre. La rédaction internationale de Radio France a pu authentifier cette note interne, révélant la présence de Sophie Pétronin sur le territoire malien. Elle demande à “toutes les unités” de localiser la travailleuse humanitaire française, de l’appréhender et “la conduire sous bonne escorte” à Bamako.

Pour l’heure, en France, le Quai d’Orsay n’a pas commenté cette information. Rien n’indique également que l’ancienne otage française était autorisée à retourner au Mali. D’autant que la région de Sikasso, située près de la frontière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire n’est pas conseillée par le ministère des Affaires Étrangères. “Il est rappelé que les risques d’attentat et d’enlèvement dans les zones classées en rouge sont particulièrement élevés, explique à ce propos le Quai d’Orsay. Tout projet de déplacement est à exclure formellement”.

Sophie Pétronin n’a pas supporté son retour de captivité. A plusieurs reprises, la travailleuse humanitaire impliquée au Mali depuis 25 ans, a évoqué la possibilité de mettre fin à ses jours lors de réunions de famille, en présence des enfants de son fils Sébastien. L’expression de ce mal-être a rapidement détérioré ses relations avec sa belle-fille, poussant même le couple à la limite du divorce. Sophie Pétronin ne supportait apparemment pas l’atmosphère de la petite ville suisse de Porrentruy, où elle était désormais installée. Le froid, l’humidité et sa maigre pension de retraite de 750 euros lui donnaient le sentiment d’être passée d’une détention à une autre.

A 4 000 kilomètres de là, au Mali, sa fille adoptive lui manquait cruellement.
Elle s’était toujours juré de la rejoindre. Sophie Pétronin et Zenabou, 19 ans aujourd’hui, ont été séparées le 24 décembre 2016, lors de l’enlèvement de l’humanitaire par un groupe de jihadistes affilié à Al-Qaida, sans aucune possibilité de se retrouver, jusqu’en mars dernier.