Le Sénat, dominé par l’opposition de droite, a voté dans la nuit de vendredi à samedi en faveur d’un report progressif de l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans, jugeant qu’il y a urgence.

CREDIT  : Senat / AFP

Lors de son allocution, Emmanuel Macron avait estimé que ce n’était pas le moment de relancer la réforme des retraites. Pourtant, cette nuit du vendredi 12 au samedi 13 novembre, le Sénat a voté en faveur du report de l’âge légal de la retraite, de 62 à 64 ans. L’amendement a été adopté par 196 voix contre 134, dans un hémicycle dominé par l’opposition de droite et doit être voté en première lecture mardi.

D’après le sénateur LR Bruno Retailleau, Emmanuel Macron “est le seul président depuis trente ans à n’avoir rien fait tandis que le Sénat a pris très régulièrement ses responsabilités”. Le texte prévoit l’entrée en vigueur du report progressif de l’âge d’ouverture des droits à la retraite à 64 ans à partir de la génération 1966, dès le 1er janvier 2023. La convergence des régimes spéciaux avant 2032 est également prévue au programme.

En l’absence d’accord, le texte prévoit l’entrée en vigueur à partir du 1er janvier 2023 d’une série de mesures, dont le report progressif de l’âge d’ouverture des droits à la retraite à 64 ans à compter de la génération 1966, et une convergence des régimes spéciaux avant 2032.

Emmanuel Macron “est le seul président depuis trente ans à n’avoir rien fait” tandis que le Sénat a pris très régulièrement ses responsabilités, a estimé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Conçue comme l’une des grandes réformes du quinquennat Macron, la refonte du système des retraites a été interrompue début 2020 en raison de l’épidémie du Covid-19, après avoir provoqué d’importants mouvements sociaux.

“On ne peut continuer à procrastiner comme l’a fait le gouvernement pendant cinq ans”, a abondé la rapporteure générale Elisabeth Doineau (centriste).

Mais, a répondu le secrétaire d’Etat Adrien Taquet, “nous avons une divergence sur le moment” et quelques divergences sur le fond. Il faut pour mener à bien une telle réforme une “situation sanitaire sous contrôle” et un “intense débat démocratique”, autrement dit au moment de la campagne présidentielle.

“Dès 2022, il faudra pour préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations, prendre des décisions claires”, a déclaré mardi le chef de l’Etat.

Il s’agit selon lui de “repousser l’âge légal”, “supprimer les régimes spéciaux en harmonisant les règles entre public et privé et en faisant en sorte qu’au terme d’une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1.000 euros”. Mais aussi en “encourageant le travail au-delà de l’âge légal”