Cinq anciens conseillers et collaborateurs de Nicolas Sarkozy, sont jugés à partir de ce lundi à Paris.

Nicolas Sarkosy et Claude Guéant le 24 mars 2012 – Laurent Troude/Libération

Entre 2007 et 2009, 235 sondages ont été commandés par l’Elysée à la société de Patrick Buisson, un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy. Ils étaient vendus avec une marge de 65% soit un bénéfice de 1,4 million d’euros. Selon l’association anti-corruption Anticor, les contrats violaient les règles de la dépense publique.

Tout commence en juillet 2009. En pleine présidence Sarkozy, la Cour des comptes, qui a obtenu en 2008 le droit de se plonger dans les finances de l’Elysée pour la première fois, publie un rapport qui pointe plusieurs irrégularités dans les commandes de sondages effectués par le cabinet du chef de l’Etat, certaines enquêtes d’opinion portant sur des sujets tels que la grossesse de Rachida Dati ou l’éventualité d’un mariage entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni.

Mais l’ancien président de la République sera, cette fois, absent de ce rendez-vous judiciaire auquel sont conviés cinq de ses anciens conseillers ou collaborateurs. Douze ans après la révélation des faits, Claude Guéant, à l’époque secrétaire général de l’Elysée, Patrick Buisson, ex-conseiller présidentiel d’extrême droite, et trois autres personnes sont jugés à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel dans l’affaire dite des « sondages de l’Elysée ». Condamné à de la prison ferme dans l’affaire dite des « écoutes » – décision dont il a fait appel –, Nicolas Sarkozy est, dans ce dossier, couvert par son immunité présidentielle.

Sur le banc des prévenus également, le politologue Pierre Giacometti et sa société Giacometti Peron, devenue No Com, sont renvoyés pour recel, tout comme l’institut de sondages Ipsos. Enfin, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Jean Michel Goudard, qui était renvoyé pour favoritisme, est décédé le 3 novembre 2020. Le procès doit durer jusqu’au 12 novembre 2021.