Mais que faire à Avignon le week-end du 29 au 30 novembre ? Quand la Cité des Papes se réinvente en capitale de la culture Pop et Patrimoniale

 

Oubliez la torpeur de novembre et les clichés d’une ville endormie après les feux du Festival de juillet. Pour ce week-end du 29 et 30 novembre 2025, Avignon opère une mue spectaculaire. Entre légendes de la bande dessinée, Inuits géants illuminés et traditions santonnières, la Cité des Papes s’affirme comme une “Terre de Culture” quatre saisons. Plongée dans un week-end où le XIVe siècle dialogue avec le numérique.

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C’est un pari audacieux que lance la municipalité avec son label “Avignon, Terre de Culture 2025” : briser la saisonnalité touristique. Alors que le Mistral balaie le ciel pour offrir cette lumière cristalline typique de l’hiver provençal, la ville ne se replie pas sur elle-même. Au contraire, elle s’illumine, littéralement et figurativement, proposant une programmation d’une densité rare pour un mois de novembre.

Le 9e Art en Majesté à l’Hôtel de Ville

L’épicentre de ce séisme culturel se situe Place de l’Horloge. Pour sa 7e édition, le Festival de la Bande Dessinée d’Avignon confirme son statut d’événement “auteur” incontournable. Loin des usines à gaz commerciales, le festival joue la carte de l’excellence et de la proximité.

Cette année, l’affiche donne le vertige aux amateurs de bulles. Régis Loisel, monument vivant de la BD (La Quête de l’Oiseau du Temps, Peter Pan), arpente les allées de la Salle des Fêtes. Sa présence seule suffit à déplacer les foules. À ses côtés, le virtuose Enrico Marini (Le Scorpion, Batman) apporte une touche de glamour cinématographique avec son trait spectaculaire.

« C’est un festival à taille humaine qui privilégie la rencontre qualitative », note un organisateur. L’accès étant gratuit, un conseil aux chasseurs de dédicaces : levez-vous tôt. Les portes ouvrent à 10h30, mais la file d’attente pour ces monstres sacrés s’étirera bien avant.

Les Anooki : Le “Hack” Lumineux du Moyen Âge

Dès 17h15, alors que la nuit tombe sur les remparts, un autre spectacle commence. Cette année, Avignon rompt avec les illuminations de Noël classiques pour inviter les Anooki. Ces petits personnages inuits numériques, créés par les designers Moetu Batlle et David Passegand, débarquent en format géant.

Le contraste est saisissant. Les formes rondes, blanches et ludiques de ces sculptures gonflables viennent se heurter à la pierre calcaire austère et rugueuse du patrimoine gothique. Le lancement officiel, ce samedi à 18h00 au départ de la Gare Centre, promet une déambulation féerique jusqu’au cœur de ville. Au-delà de l’aspect “Instagrammable”, ces personnages portent un message écologique subtil, rappelant la fragilité de notre monde face aux changements climatiques, même au cœur de la Provence.

Entre Sacré et Profane : Santons et Symphonie

Ce week-end marque aussi le basculement vers le temps de l’Avent. Pour toucher à l’âme provençale, direction l’Église des Célestins, place des Corps Saints. Dans ce joyau de l’architecture gothique, le Marché des Santonniers installe ses tréteaux. Ici, pas de “Made in China”, mais de l’argile peinte à la main par les meilleurs artisans de la région, perpétuant une archive sociale des métiers du XIXe siècle.

Le samedi soir offre un dilemme de riche pour les mélomanes. À 20h00, l’Opéra Grand Avignon ouvre gratuitement ses portes pour un concert de prestige de l’Orchestre d’Harmonie de la Musique de l’Air et de l’Espace. Au programme : Ravel, Debussy et Holst. Une puissance sonore militaire mise au service de la finesse impressionniste française.

Pour ceux qui préfèrent le verbe à la note, le Théâtre du Chêne Noir accueille Bernard Werber. L’auteur des Fourmis propose une conférence-spectacle interactive, confirmant qu’Avignon reste, été comme hiver, un laboratoire d’idées.

L’Art Contemporain en Contrepoint

Enfin, impossible de quitter la ville sans un passage à la Collection Lambert. L’exposition de Jean-Michel Othoniel y résonne particulièrement bien avec l’ambiance hivernale. Ses œuvres en verre soufflé, véritables pièges à lumière, créent un univers onirique qui complète parfaitement la féerie urbaine des Anooki. Pour les érudits, le Palais du Roure offre un voyage dans le temps avec les gravures de Piranèse, confrontant ses architectures rêvées à la réalité monumentale d’Avignon.

Ce week-end du 29-30 novembre n’est pas une simple parenthèse ; c’est la démonstration qu’Avignon a réussi sa mue. Une ville où l’on peut, dans la même journée, acheter une truffe fraîche aux Halles, faire signer un album par Loisel, et s’émerveiller devant des Inuits géants au pied du Palais des Papes.

📅 Le Carnet de Route du Week-end

SAMEDI 29 NOVEMBRE

  • 10h30 – 18h30 : Festival de la BD (Hôtel de Ville). Gratuit.
  • Matin : Marché aux truffes de Richerenches (à 50 min) ou Halles d’Avignon pour les produits frais.
  • 18h00 : Lancement des illuminations “Les Anooki” (Départ Gare Centre).
  • 20h00 : Concert Orchestre Musique de l’Air (Opéra) OU Bernard Werber (Chêne Noir).

DIMANCHE 30 NOVEMBRE

  • 10h00 – 19h00 : Marché des Santonniers (Église des Célestins).
  • 11h00 – 18h00 : Expo Jean-Michel Othoniel (Collection Lambert).
  • 14h30 – 18h30 : Festival de la BD (Dernière chance pour les dédicaces).

🍽️ La Table du Week-end Profitez de la saison de la truffe pour découvrir le “Menu sur le Pont” du Chef Guilhem Sevin (face au Palais) ou l’ambiance feutrée du Bistrot de La Mirande.