Être riche à tout prix : le revenu universel est-il la solution face à la précarité ?

SAISON 12 / EPISODE 4

Dans un monde où l’argent semble être la clé de toutes les réussites, la quête de richesse est devenue une obsession pour beaucoup.

Carrière, placements, paris risqués, influence sur les réseaux… certains sont prêts à tout pour gravir l’échelle sociale. Mais derrière cette course effrénée se cache une autre réalité : celle d’une précarité grandissante, où de plus en plus de personnes peinent à finir le mois.

Alors que les inégalités se creusent, une idée revient avec insistance : le revenu universel. Versé à chacun, sans condition, il promettrait de garantir un filet de sécurité, de réduire la pauvreté et de redonner du pouvoir de choix aux citoyens.

Mais est-ce vraiment la solution miracle ?

Ses défenseurs y voient une manière d’adapter la société aux mutations du travail et à l’automatisation. Ses détracteurs dénoncent au contraire un projet trop coûteux, démobilisateur et irréaliste.

Entre rêve d’abondance et peur de l’assistanat, ce débat soulève une question centrale : faut-il repenser notre rapport à l’argent et au travail ?

Avec nos invités nous tenterons de répondre à cette interrogation brûlante :
Être riche à tout prix : le revenu universel est-il la solution face à la précarité ?

C’est ce vendredi 30 janvier 2026 dans Faut qu’on en parle !

Les invités de l’émission :

  • Marc de BASQUIAT – Ingénieur et docteur en économie, président du think tank AIRE, inventeur de « l’Impôt négatif français« 
  • Benoît BORRITS – Entrepreneur et initiateur de la Sécurité économique et sociale
  • Henri GEIST – Un des co-présidents du Mouvement Français pour un Revenu de Base
  • Clément CAYOL – Sociologue spécialiste des politiques sociales et du revenu minimum garanti
  • Antonella CORSANI – économiste, Maitre de Conférences émérite à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, HDR en sociologie, membre du laboratoire de recherches IDHE.S.

Les chiffres sur l’émission « IA : miracle ou menace ? »

La richesse, on en parle beaucoup… mais concrètement, Luc, quelle est la réalité économique aujourd’hui ?

Eh bien, les chiffres donnent le vertige. En 2025, les 1 % les plus riches de la planète détiennent plus de 45 % des richesses mondiales.
Et à l’inverse, la moitié la plus pauvre de la population mondiale ne possède que 2 % de ces richesses.
En France, c’est la même tendance : le patrimoine moyen d’un millionnaire a augmenté de 60 % en dix ans, tandis que les salaires modestes stagnent à peine au-dessus de l’inflation.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes… Mais est-ce que cette obsession de la réussite financière touche tout le monde ?

Absolument. Une étude récente montre que près d’un Français sur deux associe la réussite à la richesse matérielle.
Et chez les jeunes, ce chiffre monte à 63 % ! Les réseaux sociaux y sont pour beaucoup : on y voit des vies parfaites, des voitures de luxe, des voyages sans fin… ce qui entretient l’idée que pour être heureux, il faut être riche.

C’est vrai que c’est omniprésent. Et pourtant, la réalité est bien plus nuancée… Beaucoup de gens travaillent dur, cumulent deux emplois, et n’arrivent toujours pas à vivre correctement.

Exactement. En France, plus de 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, malgré le fait que la plupart d’entre elles aient un emploi.
C’est tout le paradoxe de notre époque : travailler ne garantit plus de vivre dignement.

Le revenu universel, on en parle de plus en plus… mais concrètement, où en est-on aujourd’hui ?

Eh bien, c’est une idée qui revient régulièrement dans le débat public, et pas seulement en France. Actuellement, près de 40 pays ont déjà expérimenté ou testent une forme de revenu universel : du Canada à la Finlande, en passant par l’Espagne ou l’Inde. Et les résultats sont souvent surprenants : dans plusieurs études, on observe une baisse du stress financier, une amélioration du bien-être mental, et même une reprise d’activité pour certains bénéficiaires.

Donc, contrairement à ce qu’on croit, les gens ne s’arrêtent pas forcément de travailler ?

Exactement. Les essais menés en Finlande l’ont montré : les bénéficiaires ne travaillaient pas moins, mais se sentaient plus libres de choisir un emploi qui avait du sens. En revanche, la grande question reste la même : comment financer tout ça ? En France, un revenu universel de 1 200 euros par mois pour chaque adulte coûterait près de 800 milliards d’euros par an — soit plus que la moitié du budget de l’État !

Des chiffres vertigineux… Et en même temps, de plus en plus de citoyens y voient une solution face à la précarité, au chômage, à la robotisation du travail.

Oui, d’autant que selon un récent sondage, 63 % des Français se disent favorables à un revenu universel sous certaines conditions. Pour beaucoup, ce serait une façon de rééquilibrer les inégalités, et d’assurer une sécurité de base à tous, indépendamment du statut ou du salaire.

Mais pour d’autres, c’est une utopie coûteuse. Certains craignent une société sans effort, une économie à bout de souffle, voire une dépendance à l’État. Alors, qui a raison ? Le revenu universel, solution sociale, mirage économique, ou danger pour notre modèle de société ?

Pour écouter les coulisses de l’émission et la suite avec nos invités, c’est ici !

Pour aller plus loin

Être riche à tout prix : une société sous tension

Jamais la réussite financière n’a été autant mise en avant. Sur les réseaux sociaux, dans les médias ou dans les discours dominants, l’argent est souvent présenté comme la condition essentielle du bonheur, de la liberté et de la reconnaissance sociale. Réussir vite, gagner plus, investir, performer : cette injonction permanente nourrit une obsession collective, mais laisse aussi sur le bord de la route celles et ceux qui n’arrivent pas à suivre le rythme.

Derrière les success stories et les promesses de richesse, une autre réalité s’impose : celle d’une précarité qui progresse. Salaires insuffisants, emplois instables, hausse du coût de la vie, difficultés d’accès au logement… Pour beaucoup, travailler ne garantit plus de vivre dignement. Cette fracture alimente un sentiment d’injustice et questionne profondément notre modèle social.

Le revenu universel : une idée qui divise

Face à ce constat, le revenu universel — aussi appelé revenu de base — revient régulièrement dans le débat public. Son principe est simple : verser à chaque citoyen une somme fixe, sans condition de ressources ni obligation de travail. L’objectif ? Assurer un socle minimum de sécurité financière, réduire la pauvreté et permettre à chacun de faire des choix de vie plus libres.

Ses défenseurs y voient une réponse aux transformations du monde du travail : automatisation, disparition de certains métiers, précarisation des parcours professionnels. Le revenu universel pourrait ainsi offrir du temps pour se former, entreprendre, s’engager, créer ou simplement souffler.

Mais cette proposition suscite aussi de fortes oppositions. Coût jugé exorbitant, risque de désincitation au travail, crainte d’un système injuste ou irréaliste : les critiques sont nombreuses. Certains redoutent une société de l’assistanat, d’autres estiment que la priorité devrait être donnée à de meilleurs salaires et à des politiques sociales ciblées.

Repenser notre rapport à l’argent et au travail

Au-delà du revenu universel, ce débat pose une question plus large et profondément politique : quelle place voulons-nous donner à l’argent dans nos vies ? Le travail doit-il être uniquement un moyen de survie économique ou aussi un espace d’épanouissement et de sens ? La richesse individuelle peut-elle continuer à primer sur la solidarité collective ?

Autant d’interrogations qui traversent notre société et que nous avons choisi d’explorer dans cet épisode.