La lune de miel aura été de courte durée. Moins d’un mois après la capture de Nicolás Maduro par les forces américaines, les services de renseignement des États-Unis émettent de sérieuses réserves sur la volonté réelle de Delcy Rodríguez de s’aligner sur les exigences de la Maison Blanche.

Selon des rapports confidentiels cités par plusieurs sources proches du dossier, l’administration Trump s’interroge : la présidente par intérim du Venezuela est-elle vraiment prête à couper le cordon avec les ennemis historiques de l’Amérique ?

L’ultimatum de Washington : rompre avec l’Est

La feuille de route imposée par Washington est claire : pour conserver son fauteuil, Delcy Rodríguez doit expulser les conseillers militaires et diplomates de Russie, de Chine, d’Iran et de Cuba. L’objectif des États-Unis est de verrouiller l’Hémisphère Occidental et d’éliminer toute influence rivale dans ce pays membre de l’OPEP.

Pourtant, les signaux envoyés par Caracas sont contradictoires. Lors de sa récente investiture, Mme Rodríguez a maintenu les protocoles diplomatiques avec ces nations, dont les représentants étaient présents aux premières loges. À ce jour, aucune annonce officielle de rupture diplomatique n’a été faite, alimentant le scepticisme de la CIA.

Un équilibre précaire

La situation est complexe pour l’administration américaine. D’un côté, Delcy Rodríguez a donné des gages de bonne volonté :

  • Elle a autorisé la vente de 30 à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis.

  • Elle a ordonné la libération de prisonniers politiques.

De l’autre, elle tente de préserver sa souveraineté face à une opinion publique chauffée à blanc. Dimanche dernier, elle déclarait être « fatiguée » des ingérences américaines, qualifiant les actions militaires d’illégitimes.

Malgré ces tensions, Washington n’a pas d’alternative immédiate. La CIA avait estimé, avant la chute de Maduro le 3 janvier dernier, que seule une figure issue du « cercle intérieur » du régime possédait les connexions nécessaires avec l’armée et l’industrie pétrolière pour éviter l’effondrement total du pays.

L’option María Corina Machado écartée pour l’instant

Pourquoi ne pas s’appuyer sur l’opposition historique ? Les rapports de renseignement jugent que María Corina Machado, bien que très populaire et considérée comme la véritable vainqueure des élections de 2024, n’est pas apte à gouverner dans l’immédiat.

Le diagnostic est pragmatique : Machado manque de relais solides au sein des forces de sécurité et de la compagnie pétrolière nationale (PDVSA), deux piliers indispensables à la tenue du pouvoir. Pour l’instant, la Maison Blanche la considère comme une « option à long terme » ou pour un rôle consultatif, préférant la stabilité relative offerte par Rodríguez, aussi imparfaite soit-elle.

En coulisses, les États-Unis gardent tout de même plusieurs fers au feu : des canaux de communication directs ont été ouverts avec des hauts gradés de l’armée vénézuélienne, au cas où la présidente par intérim déciderait de changer de camp.