Virus Nipah : L’Inde affirme avoir « maîtrisé » le foyer infectieux, mais l’Asie reste en état d’alerte maximale

Alors que le ministère indien de la Santé se veut rassurant, affirmant avoir circonscrit la propagation du virus dans l’État du Bengale-Occidental, les pays voisins multiplient les barrières sanitaires. Face à ce pathogène sans vaccin et au taux de mortalité effrayant, l’Asie ne veut prendre aucun risque.

La réponse officielle de New Delhi est tombée mardi soir : la menace est « contenue ». Après la confirmation de deux cas de virus Nipah ce mois-ci, les autorités indiennes ont annoncé que les mesures de vigilance élargies et les traçages rapides ont porté leurs fruits.

Le soulagement est palpable : sur les près de 200 personnes placées en quarantaine pour avoir été en contact avec les malades, l’ensemble des 196 tests effectués sont revenus négatifs. « La situation est sous surveillance constante et toutes les mesures de santé publique nécessaires ont été mises en œuvre », assure le gouvernement.

Nouveau virus inde

Pourquoi ce virus fait-il si peur ?

Si la réaction internationale est si vive pour seulement quelques cas, c’est en raison de la nature impitoyable du virus Nipah. Découvert en 1999 (lors d’un épisode en Malaisie qui a donné son nom au virus), ce pathogène est une zoonose transmise par les chauves-souris frugivores, les porcs ou des aliments souillés.

Les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont sans appel :

  • Mortalité : Le taux de létalité oscille entre 40 % et 75 %, rendant ce virus bien plus meurtrier qu’un coronavirus classique.

  • Traitement : Il n’existe à ce jour aucun vaccin ni médicament spécifique. Les médecins ne peuvent prodiguer que des soins palliatifs pour soulager les symptômes.

  • Symptômes : Ce qui commence comme une grippe banale (fièvre, courbatures, maux de gorge) peut dégénérer en problèmes respiratoires aigus, convulsion et encéphalite (inflammation du cerveau) menant au coma.

Une autre source d’inquiétude réside dans sa période d’incubation : généralement de 4 à 14 jours, elle peut dans certains cas extrêmes s’étendre jusqu’à 45 jours, compliquant le tri des voyageurs.

Le « principe de précaution » s’étend en Asie

Malgré les déclarations rassurantes de l’Inde et l’absence de cas confirmés hors de ses frontières, les pays voisins ont activé leurs protocoles d’urgence, échaudés par des rapports de presse initiaux alarmants.

  1. Thaïlande et Indonésie : Les aéroports internationaux, notamment celui de Suvarnabhumi à Bangkok, ont réinstallé des scanners thermiques et exigent des déclarations de santé pour les passagers venant d’Inde.

  2. Myanmar : Le gouvernement déconseille tout voyage non essentiel au Bengale-Occidental et surveille les symptômes fébriles aux frontières avec des capacités de test accrues.

  3. Vietnam et Chine : Hanoï insiste sur la sécurité alimentaire aux frontières, tandis que Pékin a lancé une vaste campagne d’évaluation des risques et de formation de son personnel soignant dans les zones limitrophes.

Risque de pandémie mondiale ?

Faut-il craindre un scénario catastrophe à l’échelle planétaire ? Pour l’instant, les experts tempèrent le risque. Contrairement au Covid-19 ou à la grippe, la transmission interhumaine du Nipah est jugée « peu efficace ». Elle nécessite un contact proche et prolongé avec les fluides corporels d’un malade. De plus, l’absence de transmission par des porteurs asymptomatiques facilite le repérage des foyers.

Néanmoins, le Nipah reste classé par l’OMS — aux côtés d’Ebola et de Zika — comme une maladie prioritaire pour la recherche, car une mutation facilitant sa transmission pourrait avoir des conséquences dévastatrices.


Soutenez notre Rédaction Pour nous permettre de continuer à vous informer en toute indépendance, le soutien de nos lecteurs est essentiel. Si vous aimez la cuisine et les voyages, nous vous invitons à découvrir notre partenaire : achetez des épices et de la vanille au Comptoir de Toamasina. Profitez de 10% de réduction sur votre commande avec le code promo brésil.