Nipah : Tout comprendre sur ce virus mortel et sans remède qui réapparaît en Asie

C’est un nom qui revient cycliquement hanter les bulletins épidémiologiques. Alors que l’Inde place plus d’une centaine de personnes en quarantaine stricte, le virus Nipah inquiète par son taux de létalité extrême et l’absence totale de traitement. Décryptage d’une menace prioritaire pour l’OMS.

L’alerte a été donnée début janvier au Bengale-Occidental. Après la contamination de deux professionnels de santé, les autorités indiennes ont déclenché le protocole d’urgence : isolement des cas contacts et surveillance accrue. Si la réaction est si vive, c’est que le Nipah n’est pas un virus comme les autres. Classé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) parmi les pathogènes à potentiel épidémique (au même titre que le virus Ebola), il représente un défi médical majeur.

Nouveau virus inde

1. D’où vient ce virus ?

Le Nipah est une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmise de l’animal à l’homme.

  • Le réservoir naturel : L’hôte principal est la chauve-souris frugivore de la famille des Pteropodidae (aussi appelée « renard volant »).

  • La transmission : Le virus passe à l’homme via la salive ou l’urine de ces chauves-souris (souvent sur des fruits ou dans la sève de palmier), ou par des hôtes intermédiaires comme le porc. Bien que plus rare, la transmission interhumaine directe est possible, notamment lors de contacts étroits avec des fluides corporels.

Découvert en 1999 lors d’une flambée en Malaisie qui avait touché des éleveurs de porcs, le virus réapparaît régulièrement au Bangladesh et en Inde.

2. Pourquoi est-il si dangereux ?

La dangerosité du Nipah tient en deux chiffres et un fait médical :

  • Mortalité élevée : Le taux de létalité varie de 40 % à 75 % selon les épidémies, ce qui en fait un agent biologique bien plus meurtrier que le Covid-19.

  • Absence de remède : À ce jour, il n’existe ni vaccin préventif, ni traitement curatif spécifique. La prise en charge hospitalière se limite à traiter les symptômes (hydratation, maintien de la pression artérielle) et à espérer que le système immunitaire du patient résiste.

3. Quels sont les symptômes ?

Le virus attaque violemment l’organisme, ciblant à la fois les poumons et le cerveau. L’évolution clinique est souvent rapide :

  1. Phase grippale : Tout commence par de la fièvre, des maux de tête, des courbatures et une fatigue intense.

  2. Aggravation respiratoire : Toux et difficultés à respirer peuvent survenir.

  3. Phase neurologique (Encéphalite) : C’est la phase critique. Le cerveau s’enflamme, provoquant désorientation, confusion, somnolence et convulsions. Le coma peut survenir en 24 à 48 heures.

Les survivants gardent parfois des séquelles neurologiques lourdes à long terme.

4. Y a-t-il un risque mondial ?

Les experts nuancent le risque de pandémie mondiale immédiate. La menace reste pour l’instant géographiquement liée à l’habitat de la chauve-souris Pteropus (Asie du Sud-Est, Afrique, Océanie). L’Amérique Latine et l’Europe, qui ne sont pas des habitats naturels pour cette espèce spécifique, sont moins exposées au risque de réservoir animal local.

Cependant, la destruction des habitats forestiers pousse ces chauves-souris à se rapprocher des zones urbaines et agricoles, multipliant les contacts avec l’homme et augmentant le risque de nouveaux foyers infectieux en Asie.


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