Tournant diplomatique : L’Union Européenne classe les Gardiens de la Révolution iraniens comme « organisation terroriste »
Bruxelles franchit le Rubicon. Face à la répression sanglante qui secoue l’Iran et sous la pression du contexte géopolitique, l’Union Européenne s’aligne désormais sur Washington en plaçant l’armée d’élite du régime iranien sur sa liste noire.
La décision marque un durcissement historique de la diplomatie européenne. Kaja Kallas, la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a confirmé ce jeudi que le bloc allait officiellement désigner le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique comme une organisation terroriste.
« Si vous agissez comme un terroriste, vous devez être traité comme un terroriste », a tranché la chef de la diplomatie européenne. Cette mesure placera désormais la force paramilitaire iranienne au même niveau juridique et financier que des groupes comme Al-Qaïda, le Hamas ou Daech.
Sanctions ciblées face au massacre
Cette annonce intervient alors que l’Iran traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Selon les estimations relayées par Reuters et des groupes de militants, la répression des manifestations a fait entre 5 000 et 6 000 morts.
Ce qui avait débuté comme une fronde contre la vie chère et la crise économique s’est mué, après trois semaines de mobilisation, en une insurrection ouverte contre le régime des mollahs. En réponse, l’UE va également appliquer des sanctions individuelles contre les responsables ayant ordonné ou exécuté des violences contre les manifestants. Kaja Kallas a toutefois exprimé l’espoir — peut-être ténu — que ces sanctions n’entraînent pas une rupture totale des canaux diplomatiques avec Téhéran.
Khamenei appelle à « briser les insurgés »
Sur le terrain, la rhétorique du régime ne laisse aucune place au compromis. Le Guide Suprême Ali Khamenei a exhorté les forces de sécurité à « briser le dos des insurgés », rejetant la responsabilité du carnage sur des « criminels » infiltrés, selon lui, par les États-Unis.
« Nous ne pardonnerons pas aux criminels intérieurs, tout comme nous ne pardonnerons pas aux criminels internationaux », a-t-il déclaré devant ses partisans, accusant directement Donald Trump d’attiser le chaos.
L’Occident fait bloc
Avec cette décision, l’Union Européenne rejoint le front occidental déjà constitué par les États-Unis, le Canada et l’Australie, qui avaient déjà proscrit les Gardiens de la Révolution. Ce ralliement européen survient dans un climat de tension militaire extrême. Alors que Donald Trump menace d’une intervention armée directe et déploie sa flotte dans la région, l’isolement diplomatique de Téhéran est désormais quasi-total.
Soutenez notre Rédaction Pour nous permettre de continuer à vous informer en toute indépendance, le soutien de nos lecteurs est essentiel. Si vous aimez la cuisine et les voyages, nous vous invitons à découvrir notre partenaire : achetez des épices et de la vanille au Comptoir de Toamasina. Profitez de 10% de réduction sur votre commande avec le code promo brésil.

