Iran : L’éternel retour de Reza Pahlavi, le « prince » qui attend son heure

Alors que les tensions militaires s’emballent entre l’Iran, Israël et les États-Unis, le fils du dernier Chah, Reza Pahlavi, appelle les Iraniens à reprendre la rue. Portrait d’un héritier en exil, figure aussi courtisée que contestée de l’opposition.

Le timing n’est pas anodin. Quelques instants après l’annonce de frappes ciblant des installations en Iran, Reza Pahlavi s’est fendu d’un message sans équivoque sur le réseau social X : « Le moment de retourner dans la rue est proche ». Pour celui qui vit en exil aux États-Unis depuis 1978, l’intervention étrangère n’est pas une agression contre le pays, mais une « intervention humanitaire » visant l’appareil répressif de la République Islamique.

Charlie WEIMERs Wikipedia

Charlie WEIMERS meets Crown Prince of IRAN Reza PAHLAVI

L’ombre du père et le poids de l’histoire

Né en 1960, Reza Pahlavi est le fils de Mohammad Reza Pahlavi, le monarque qui a dirigé l’Iran d’une main de fer jusqu’à la Révolution de 1979. Si le règne de son père fut marqué par une modernisation fulgurante et une croissance économique record, il reste indissociable de la Savak, la redoutable police secrète chargée de briser toute opposition.

L’histoire de sa dynastie est courte mais intense. Fondée en 1925 par son grand-père Reza Khan, elle s’est consolidée dans le sang et les intrigues internationales, notamment lors du coup d’État de 1953 soutenu par la CIA contre le Premier ministre Mossadegh. C’est ce passé « autoritaire et pro-occidental » qui pèse aujourd’hui sur la crédibilité du prince.

Entre espoir démocratique et critiques acerbes

Aujourd’hui, Reza Pahlavi tente de se réinventer. Depuis son exil dans le Maryland, il prône une « démocratie parlementaire séculaire » où le peuple choisirait sa forme de gouvernement. Pour une partie de la diaspora et des manifestants iraniens, il incarne une alternative stable face au régime des mollahs.

Pourtant, il est loin de faire l’unanimité. Ses détracteurs, à l’instar de certains analystes influents, voient en lui un « playboy fils de dictateur », déconnecté des réalités de terrain après près de 50 ans d’exil. Les récentes manifestations à Los Angeles, marquées par des heurts entre pro et anti-Pahlavi, illustrent les fractures profondes qui divisent l’opposition iranienne.

Un destin lié à la géopolitique

Le destin de l’héritier Pahlavi semble plus que jamais lié à l’escalade militaire dans la région. En saluant l’aide américaine, il mise sur un effondrement du régime de Khamenei pour orchestrer son retour à Téhéran. Reste à savoir si les Iraniens, qui ont chassé son père il y a un demi-siècle, sont prêts à confier leur avenir à celui qui se fait encore appeler « Reza Chah II ».

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